
Du 22 février au 15 mars, le festival Dance Umbrella, principal lieu de diffusion ouvert aux nouveaux chorégraphes de l’Afrique australe, célèbre sa vingtième édition. Georgina Thompson, directrice du festival, fait un point sur l’événement.
Que représente cette vingtième édition ?
L’occasion de célébrer et de revenir sur l’évolution du festival depuis ses débuts en 1988. Lors de la première édition, nous avions accueilli treize participants, aujourd’hui nous présentons plus de 160 nouvelles pièces. Le festival est passé d’une plateforme libre et ouverte à un événement programmé qui inclut des commandes, des collaborations locales et internationales et un volet pour les jeunes artistes. Ces cinq dernières années, nous avons également mis en place un programme de résidences pour les jeunes chorégraphes.
"Dance Umbrella" est la seule plateforme de ce type dans le sud de l’Afrique. Le festival couvre tous les frais liés à l’événement et nous travaillons au plus près des artistes pour nous assurer que la présentation de leurs créations leur apporte les meilleurs résultats possibles.
Un mot sur le rayonnement de la danse africaine.
La danse contemporaine africaine remporte un grand succès en Afrique du Sud. Différents chorégraphes ont joué de cette forme artistique et créé un type d’expression unique. Des personnes comme Vincent Mantsoe sont aujourd’hui connues dans le monde entier pour cela. L’Europe a joué un rôle important avec un certain nombre de plateformes crées en Afrique ou en Europe même. Un engagement que l’on peut, je pense, rapprocher du manque de soutien des gouvernements africains.
La danse africaine rencontre des difficultés dès lors que l’on commence à parler de diffusion dans la mesure où c’est le soutien des Européens qui permet aux œuvres d’être vues en dehors du continent. La tragédie en Afrique vient du fait que les gouvernements n’assistent pas ceux qui font la danse d’aujourd’hui pour développer des institutions officielles ou des lieux permettant de créer ou de présenter ses travaux.
Vingtième édition… et après ?
Nous envisageons de créer dans les années à venir un espace dédié à la danse pour soutenir les jeunes artistes sud-africains dans leur développement. Notre idée est de mettre en place des programmes de résidence annuels, des master classes, des collaborations internationales et différents projets de développement avec des studios et un lieu pour la création. Le financement est le principal problème…
Propos recueillis par Nicolas Dehorter
Contact : Hélène Maza
Le regard de la chorégraphe Robyn Orlin…
"Ce vingtième anniversaire est un signe de maturité et de longévité. Je sais que l’équipe du festival travaille dur pour pérenniser son action et maintenir cette plateforme qui offre aux chorégraphes africains, jeunes comme établis, la possibilité de trouver leur voie et leur identité artistique.
Je suis impatiente de pouvoir participer à cette édition. L’an passé, je n’avais pu y prendre part (ce qui est inhabituel pour moi), je travaillais sur un opéra d’Haendel avec l’Opéra de Paris. Cette fois-ci, je présenterai mon nouveau spectacle, qui tournera ensuite en Europe. C’est très réjouissant de savoir que le festival a réussi à se maintenir en place, malgré les bouleversements politiques et le départ à la retraite de Phillip Stein, le fondateur du festival.
D’un point de vue personnel, “Dance Umbrella” a été mon principal soutien tout au long de ces années, il m’a permis de travailler dans de bonnes conditions et m’a encouragé à aller toujours plus loin. Surtout, sans “Dance Umbrella”, je n’aurais sans doute jamais pu faire Daddy, I’ve seen this piece 6 times before and I still don’t know why they’re hurting each other, qui a été la pièce qui a fait connaître mon travail en dehors de l’Afrique du Sud."
Visuel : Germaine Acogny, Fagaala © Th. Dorn