Saisons culturelles

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Sergueï Paradjanov à Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris

du 12 février 2007 au 8 avril 2007

 


 

A l’occasion d’Arménie mon amie, saison arménienne en France organisée par Culturesfrance, l’Ensba propose une exposition des collages du cinéaste Serguei Paradjanov. Première présentation à Paris de l’œuvre plastique de cet artiste prolixe et protéiforme, réalisateur majeur bien que mal connu, et figure nationale arménienne, l’exposition regroupera plus d’une soixantaine d’œuvres, réalisées entre 1970 et 1990.

Serguei Paradjanov est né en 1924 à Tbilissi, en Géorgie, de parents arméniens. Après avoir étudié le chant et s’être initié à la peinture, il entre en 1946 à l'Institut cinématographique d'État, le V.G.I.K., où il sera l’élève du réalisateur ukrainien Igor Savtchenko, de Mikhail Romm et de Dovjenko.
Ses deux premiers longs métrages, Les chevaux de feu (1966) et Sayat Nova (1969), tourné en Arménie, rencontrent rapidement la censure des autorités soviétiques. En décembre 1973, Paradjanov est arrêté et accusé de "trafic d'icônes et de devises", d'"incitation au suicide", d'"homosexualité". Il restera en prison jusqu’en 1977. Libre, il s'installe en Géorgie, dans sa maison natale. A partir de 1984, Paradjanov est autorisé à travailler de nouveau : il réalise alors La légende de la forteresse de Suram (1984), Ashik Kerib (1988) et La confession, resté inachevée (1989). Paradjanov est mort à Erevan en 1990.

C’est en prison et dans les années qui suivirent, que Paradjanov produira la majorité de ses dessins et collages,  qui constituent une part de sa création aussi importante que ses films.

Les œuvres présentées à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts proviennent des collections de la Maison-Musée de Paradjanov d’Erevan. Regroupées par ensembles thématiques (les œuvres de l’enfermement, les Icônes, le cinéma, la série des épisodes de la vie de la Joconde, etc.), les œuvres, qu’ils s’agissent de dessins ou de collages photographiques ou en volume, sont toutes d’une extraordinaire inventivité plastique et dévoilent la fascinante richesse symbolique de l’univers de cet artiste, à la croisée des cultures orientale et chrétienne.

Parallélement à l’exposition, des projections seront organisées dans le cadre des Nuits arméniennes du 29 au 31 mars à l'Ensba. Elles permettront de découvrir les films de Paradjanov sur l’art, ainsi qu’une sélection de films de cinéastes et vidéastes arméniens.

L’exposition sera également accompagnée d’une présentation d’un choix d’œuvres de jeunes artistes arméniens, qui sont tous de près ou de loin marqué par l’héritage de Paradjanov, en même temps que résolument ouverts aux aspects les plus contemporains et les plus dynamiques de la création.


Commissaires de l’exposition : Henry-Claude Cousseau et Zaven Sargsyan, assistés de Sophie Kaplan

Contact: Nicolas Ruyssen, Jean-François Rabot



Visuel : Serguei Paradjanov, Autoportrait à Istanbul, 1989
collage (photographie, papier, stylo), 29,5 x 18,5 cm
© Musée Paradjanov, Erevan