Visuel : © J-M Patras galerie
« …dans tout mon travail, je suis à la fois personnage et metteur en scène. Je ne me mets pas moi-même dans les photographies : mon travail repose sur des situations et des personnages spécifiques avec qui je suis familier, des choses que je désire, retravaille dans mon imagination, et qu’ensuite j’interprète. J’emprunte une identité. Pour y parvenir je m’immerge dans l’état physique et mental nécessaire. C’est une
façon de me libérer de moi-même. Un passage solitaire. Je suis un homme solitaire. » Samuel Fosso in Samuel Fosso, Cinq Continents Éditeur.
Dans les années 70, Samuel Fosso basé à Bangui (République Centrafricaine), engagea son travail solitaire d’autoportraits, interprétant des personnages sortis de son imagination ou du monde réel. La somme de ce travail allant du noir et blanc du studio des années 70 aux séries
couleurs des année 90 ( Tati) ou 2000 ( Rêve de mon grand-père) a de longue date été reconnue par les défricheurs et leurs manifestations visionnaires (Rencontres de la Photo de BKP, « Africa Remix » around the world), pour ainsi atteindre la rétine puis l’esprit des amateurs d’art du monde entier.
Le travail de Fosso est pérenne de son sens qui au fil des ans se bonifie et s’affine alors qu’il pouvait provoquer, il y a quelques années, les sourires d’une critique souffrant de cataracte. Le regard a évolué ; le monde est prêt pour Samuel Fosso : Arles, La Corogne, Johannesburg, Buenos Aires, Stockholm seront ce printemps et cet été les prochaines haltes de ses images avant la grande exposition de sa prochaine série “Spirits” à Paris en septembre prochain.
Jean-Marc Patras
Contact :
Véronique Joo Aisenberg