
Brigitte Lefèvre est heureuse : « Ça fait plusieurs années que j’espérais que la Compagnie puisse aller danser en Australie ». Directrice de la danse à l’Opéra national de Paris, elle dit plus facilement « la compagnie » que « le ballet ». Peut-être un indice d’identité chez cette danseuse et chorégraphe qui, de 1972 à 1985, fut, avec son complice Jacques Garnier, à la tête du Théâtre du Silence à la Rochelle, première compagnie de danse « implantée » en France. Dix ans après, en 1995, Brigitte Lefèvre est nommée à la tête du ballet de l’Opéra national de Paris avec lequel elle a ciselé avec succès, au fil de ses douze années d’exercice, un programme où se mêlent tradition des oeuvres classiques du répertoire et modernité des créateurs contemporains.
C’est cet esprit qu’elle souhaite montrer sur la scène du théâtre du Capitole à Sidney, du 8 juin au 3 juillet. « Nous présenterons trois programmes. Une soirée de gala à laquelle la plupart de nos étoiles et premiers danseurs participeront. Nous y montrerons ce qui constitue l’épine dorsale de la compagnie. Et puis nous danserons un ballet culte, Le Lac des cygnes, qui s’appuie sur la tradition académique, mais dans la version créée en 1984 par Rudolf Noureev. Il y a insufflé des pas encore plus complexes, tout en accentuant la psychologie des personnages pour aboutir à une très forte théâtralisation. Enfin, j’ai choisi une œuvre encore jamais dansée en Australie dans sa version intégrale en trois actes : Joyaux, ballet créé par le grand chorégraphe américain George Balanchine en 1967 en hommage au ballet et à son évolution de la période classique à la période moderne sur des musiques de Gabriel Fauré, Igor Stravinsky et Piotr Tchaïkovski. Christian Lacroix en a signé les costumes et les éléments de décor. Trois mots pour les qualifier : luxe, beauté et élégance. »