
Dans le cadre de sa politique de soutien à la création contemporaine française, Culturesfrance expose en ses murs dix peintures de grand format de Philippe Caurant appartenant à sa dernière série réalisée en 2005/2006.
Les œuvres exposées appartiennent à la plus récente série de peintures de Philippe Caurant, principalement de grand format, contrecollées sur aluminium. Ces travaux, dont certains avaient été montrés cet été par Objet de production, explorent l’espace pictural offert par les grandes surfaces de papier chromé blanc ultralumineux que l’artiste recouvre partiellement d’une résine, définissant l’espace d’un tableau dans le tableau. C’est ce film diaphane, véritable gesso translucide posé à la surface de l’œuvre, qui devient le lieu de la peinture ou plutôt son milieu. Pulvérisée au pistolet, la peinture pénètre au cœur de la résine en cours de durcissement, la chargeant d’une infinité de micro-gouttes de couleur pure, saisie chacune dans la transparence du médium. La lumière, diffractée par la couche de résine puis reflétée par l’éclat blanc du support chromé, circule alors autour de ces corpuscules en suspension, balayant la toile d’un vent solaire qui confère à la peinture son indescriptible clarté et son caractère perpétuellement expansif.
Si ces peintures évoquent de façon parfois troublante des photographies, c’est plus dans la technique du peintre qu’il faut trouver une analogie avec la photographie que dans son intention. Le support du papier, la résine qui le couvre en partie, « sensibilisée » par la projection d’une peinture au pistolet, et parfois même de bitume, rappelle la chimie originelle des premières héliographies. C’est cette alchimie du visible qui intéresse Philippe Caurant en peinture et qui trouve dans sa dernière série de travaux une forme particulièrement subtile, au sens étymologique du terme (sub-tela, sous la toile).
La peinture de Philippe Caurant appartient résolument à l’art du XXIème siècle qui, s’il plonge ses racines dans la post-modernisme du siècle précédent, s’en distingue par la primauté qu’il accorde à l’œuvre plus qu’à son process.
Fort d’un héritage qu’une nouvelle génération de peintres s’est parfaitement approprié, Philippe Caurant peut développer une démarche non pas analytique mais intuitive et sensible, en même temps que rigoureuse et précise. Si l’on retrouve au cœur de son travail les principaux thèmes qui ont préoccupés les avant-gardes de la deuxième moitié du XXème siècle (le statut du tableau, son support, sa forme, son rapport à l’image et à l’architecture, ses matériaux, etc), ils apparaissent dans ses tableaux non comme des questions, ni même comme des réponses, mais comme des éléments structurants qui servent avant tout à doter une oeuvre d’un caractère ontologique.
Biographie
Après avoir vécu et travaillé pendant plusieurs années à l’étranger, en particulier à Rotterdam et à Glasgow dans le cadre de résidences, Philippe Caurant est installé à Nantes depuis 2002, ville dans laquelle il avait déjà effectué son post-diplôme à sa sortie de l’Ecole des beaux-arts de Quimper. Il a exposé dans plusieurs centres d’art, institutions publiques et galeries (Crédac, Domaine de Kerguéhennec, Galerie Alain Gutharc, Institut culturel français d’Ecosse, Objet de production) et participé plusieurs expositions collectives, notamment organisées par Hervé Loevenbruck, Denys Zacharopoulos, Jérôme Poggi, etc. Ses œuvres figurent dans des collections publiques (FNAC, Paris) et privées, en France et à l’étranger.
Philippe Caurant est né en 1965, en Bretagne. Il prépare une exposition pour la Donation Prassinos à St Rémy de Provence pour l’été prochain.
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