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"Les Philosophes" de Joseph Nadj à Varsovie

 


 

“L’art n’est pas un rébus dont la clé serait cachée quelque part,

et la philosophie n’est pas un moyen de résoudre ce rébus.”

                         

                          Bruno Schulz, lettre à Stanislaw Ignacy Witkiewicz


 


"Depuis que j’ai découvert que l’homme qui monte sur les planches d’un théâtre crée un paradoxe, un mystère qui reste indéchiffrable, moi-même je me suis accosté à cet espace. (…)

De quoi parle ce langage si familier et si étrange que l’on partage au moment du lever du rideau ?

Peut-être d’une certaine vérité qui se cache derrière tous nos masques, tous nos gestes et sur lesquels l’homme plus volontiers garderait le silence.”                                                                                                  

                         Josef Nadj


Les Philosophes, créés à l’occasion du Festival de Danse de Cannes en 2001 ont reçu le grand prix de la critique 2001-2002 et sont en représentation les 28, 29 et 30 octobre à Varsovie.


Le spectacle se fonde sur l’univers, la vie et l’œuvre de Bruno Schulz, graveur, peintre, dessinateur, et écrivain célèbre pour ses deux recueils de récits Les Boutiques de cannelle et Le Sanatorium au croque-mort, assassiné en 1942 par un soldat SS dans le ghetto de Drohobycz. Composé en trois temps : une exposition sous forme de 24 séquences/tableaux vidéo que doivent parcourir les spectateurs avant de gagner leur place, un film, projeté sur les quatre faces du cube au centre de la scène, évoquant la réminiscence d’un passé antérieur et extérieur au temps et à l’espace de la performance qui va suivre, comme à ceux de l’exposition qui précède, et enfin une performance dansée par six danseurs.

La multiplicité des supports dessine autant d’espace-temps différents et remet en question la linéarité inhérente au déroulement de tout spectacle en rapport avec la conception qu’avait Schulz des qualités de la matière et de l’ambiguïté de la forme.

" La chambre grande comme le monde" que dessine l’espace scénique clos et circulaire, invite à un parcours à travers la pensée de Bruno Schulz autour d’interrogations sur les mots, les rapports de l’écriture à la nature, la forme, la matière et le temps.



" Les faits ordinaires sont alignés dans le temps, enfilés sur son cours comme des perles. Ils ont leurs antécédents et leurs conséquences, qui se poussent en foule, se talonnent sans cesse et sans intervalle.

Mais que faire des événements qui n’ont pas leur place définie dans le temps, des événements arrivés trop tard (…) et qui restent sur le carreau, non rangés, suspendus en l’air, sans abri, égarés ?

Le temps serait-il trop exigu pour contenir tout ce qui se passe ? Peut-il arriver que toutes les places du temps soient prises ? Préoccupés, nous courons le long de tout ce train d’événements, nous apprêtant au voyage."


           Bruno Schulz, "L’époque du génie", Le Sanatorium au croque-mort



Contact : Christine Paly


Visuel: © Tristan Valès