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La Termitière voit le jour au Burkina Faso

 


 

Certes, le Burkina Faso présente un environnement culturel favorable, tant par les manifestations qu’il accueille (le festival de cinéma Fespaco, le Salon international de l’artisanat…) que par le soutien que les pouvoirs publics accordent à bon nombre d’initiatives privées. Mais en danse contemporaine, tout restait à faire : un public s’est formé qui appelle aujourd’hui à être consolidé et fidélisé à cette forme d’expression plutôt nouvelle dans un pays où les traditions folkloriques restent très vivaces. Si les pouvoirs publics (la Ville de Ouagadougou, les ministères de la Culture et de l’Éducation, le Centre national de recherche scientifique et technique) sont partie prenante dans le projet de Salia Sanou et Seydou Boro, c’est que la Termitière, qui accueille des chorégraphes internationaux, est appelée à devenir le pivot d’un programme de développement de la danse contemporaine en Afrique et de diffusion internationale. Entièrement voué à la création, le Centre de développement chorégraphique (CDC) forme des danseurs et médiateurs culturels, et vise à mettre en place un parcours africain de formation en lien avec d’autres centres chorégraphiques tels que le Centre méditerranéen de Tunis, l’École de Sables au Sénégal, la Gàara Dance Foundation de Nairobi. Dernier volet des activités du centre, un travail scientifique de recensement des danses traditionnelles et folkloriques, afin de conserver ce patrimoine et de répertorier une diversité salutaire, réservoir indispensable aux créations de demain.

« Pour nous, la première nécessité était de doter le pays d’un outil de travail, explique Salia Sanou et Seydou Boro. En effet, si la danse se développe depuis une dizaine d’années dans le pays — on compte aujourd’hui sept à huit compagnies, nous manquons cruellement de moyens matériels et financiers. C’est là le cœur du paradoxe africain : la danse fait partie de notre quotidien, dans l’intimité des familles comme dans les lieux publics, mais elle ne possède pas de lieu à elle. Avec la Termitière, nous créons un espace privilégié, un Temple de la danse. Nous voulons à l’exemple d’une termitière qui grossit de l’intérieur, par un travail sousterrain industrieux, développer en Afrique la danse contemporaine. »


Pour tout renseignement :

Marion Napoly

www.salianiseydou.net