
Mettant l’accent sur la scène artistique française et témoignant de la vitalité de la photographie contemporaine, Face à faces présente 50 œuvres produites pour l’exposition, sur le thème du portrait et de l’auto-portrait, des plus classiques au plus iconoclastes.
Cette exposition a pour objectif de montrer l’ampleur du mouvement de la photographie contemporaine et de son impact sur la manière dont les artistes appréhendent l’image sur les questions de la représentation dans le sens large du terme. Une question originale qui fait ainsi dialoguer les artistes entre eux sur notre contemporanéité, notre rapport à la représentation du monde, une exposition propice aux dialogues des cultures.
En Arménie, pays de culture, riche d’un passé fantastique, l’exposition offre ainsi d’une manière tout à fait insolite et originale, la confrontation du passé et du présent.
Cette exposition d’envergure est destinée à voyager en Europe, en Asie, en Amérique pour s’enrichir à de nouveaux dialogues.
Commissaire de l’exposition : Isabelle de Montfumat, Arts Evénements, Paris
A Erevan, au Centre d'art contemporain expérimental (NPAK), du 10 octobre au 18 novembre 2006
Orlan
Self-Hybridations
Née en 1947, vit et travaille entre Paris, New York et Los Angeles.
Dès 1964, le travail d’Orlan, artiste particulièrement prolifique, marque les esprits. Dans de spectaculaires performances photographiques, elle fait de son corps, de manière récurrente et constante, le matériau premier de son œuvre et dénonce les pressions exercées par la société sur le corps, en particulier le corps féminin. « L’art charnel est un travail d’autoportrait au sens classique, écrit-elle, mais avec des moyens technologiques qui sont ceux de son temps. Il oscille entre défiguration et refiguration. » On pense aux séries "Corps-Sculpture" ou "Sainte Orlan", mais également aux célèbres opérations-performances. Burlesques et philosophiques, ces interventions chirurgicales filmées et retransmises dans différents pays font de nous, en direct, les spectateurs des modifications de son apparence, surtout celle de son visage par l’implant de silicone mis sur les tempes de son front.
Orlan définit sa démarche créatrice et ses performances comme des « étapes d’un processus plus général, donnant lieu à un travail d’exploration de nouvelles voies ». Expérience de l’extrême, son œuvre tout entière, multiforme et inclassable, à la puissance plastique formelle et contemporaine, nous porte à une analyse critique, un décryptage éthique et philosophique de l’œuvre d’art totalement nouveau. Il s’agit là, plus que d’un renouvellement, d’une véritable révolution dans l’art.
Avec la série des Self-Hybridations, elle s’approprie les archétypes et les rituels de la beauté antique, fusionnant son visage de femme européenne, qui porte déjà les stigmates de ses transformations contemporaines, avec des masques, des photographies ethnographiques, des statues de diverses cultures primitives, fusions virtuelles soulignées par les titres de ses œuvres.
La force de l’image ici révélée nous fait basculer dans un au-delà inspiré, une "émanescence" de l’autoportrait – qui nous projette inexorablement au cœur de la métaphysique de l’œuvre, là où se mêlent sculpture, peinture et performance, là où se crée un nouvel ordre de la Beauté. Cette autre dimension de l’œuvre, d’une impressionnante contemporanéité, révèle des règles plastiques jusqu’alors inconnues : une photographie d’expérimentations multiples avec l’idée étourdissante d’une présence visuelle et virtuelle d’après la chair, un art de mutation constante, une nouvelle conception de l’image.