Théâtre

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Ariane Mnouchkine au soleil d'Amérique latine

 


 

Au Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, l’espagnol et le portugais sont des secondes langues. Cela remonte au temps des dictatures militaires des années 70 en Amérique latine. À cette époque, Ariane Mnouchkine, en compagnie du cinéaste Claude Lelouch, se rend au Chili puis, seule, en Uruguay et en Argentine, à la rencontre des gouvernements auxquels elle demande des explications sur les assassinats et les exils forcés de plusieurs artistes. À son retour, elle fonde l’AIDA, l’Association internationale de défense des artistes victimes de la répression dans le monde, encore active aujourd’hui en France, en Allemagne et aux Pays-Bas, pour dénoncer les fanatismes religieux et le reniement du droit d’asile. Ariane recueille également, au sein de la "famille" du Soleil, de nombreux artistes réfugiés venant du Chili et d’Argentine, mais aussi du Mexique, du Brésil et du Guatemala. Aujourd’hui encore, ils œuvrent sur le plateau, à l’atelier, à la couture, au bureau ou à la cuisine.
Trois décennies après, c’est en leur compagnie qu’Ariane Mnouchkine retourne à Buenos Aires (du 4 au 15 septembre) et à Porto Alegre (26 au 30 septembre) dans le cadre de deux grands festivals de théâtre et à São Paulo (12 au 23 octobre) pour présenter Les Éphémères créé l’hiver dernier. Une première dans ce continent pour la troupe et une gageure pour ce spectacle de six heures où s’enchaînent des histoires intimes jouées par des comédiens toutes générations confondues. Les valises (douze containeurs !) et les troupes (soixante-dix personnes sont du voyage : acteurs, techniciens, cuisiniers…) rassemblées, Ariane Mnouchkine explique : "Les Éphémères, ce sont les êtres humains. C’est un spectacle qui est fait des instants qui nous ont fait. J’avais envie, confusément, de faire un spectacle qui parlerait des sauveurs… Sur les instants salvateurs. Avant de parler aux comédiens, je m’étais rendue compte que pour faire un spectacle sur la beauté des hommes et des femmes, il fallait que j’arrive à imaginer leur disparition. On a commencé à travailler avec ça : la disparition prochaine et certaine de tous, de nous tous. C’est vrai que ce spectacle est en rapport avec la conscience de la mort, de la perte, de la disparition. Ne perdons pas avant d’avoir perdu. »

Laure Naimski

  Avec le partenariat de la Ville de Paris (convention Culturesfrance/Ville de Paris)

Contact : Jacques Peigné

Voir le site du Théâtre du Soleil