
1 - Enrichir la connaissance que nous avons chacun du pays partenaire
De nombreuses initiatives y concourent déjà de manière régulière. Qu’attendre de l’année 2010 ? D’une part, un effet de valorisation et de reconnaissance du travail accompli par tous ceux qui font vivre la relation franco-russe. D’autre part, une concentration de moyens et d’énergie qui rendront possibles des projets de grande ampleur, telle l’exposition projetée par le Louvre avec les grands musées de Russie sur huit siècles d’art et d’histoire russe pratiquement absents des collections françaises. Retour nécessaire et fécond sur ce qui a constitué nos cultures et nos identités – notamment le legs des émigrés russes dans notre pays – et à partir de là, apprentissage et découverte de ce que celles-ci sont devenues aujourd’hui. L’Année de la France en Russie verra se côtoyer, à titre d’exemple, des « fondamentaux » de notre patrimoine culturel, toujours habités par l’esprit de création, tels la Comédie- Française et le Ballet de l’Opéra de Paris, et un festival réunissant quelques-unes des compagnies les plus inventives en matière d’arts de la rue, dans les villes riveraines de la Volga. L’art contemporain, le design, la photographie, l’architecture, la mode, le théâtre, la musique, la danse, le cinéma et la littérature seront au rendez-vous pour donner au public russe l’image la plus riche et la plus diverse de la vitalité de notre pays.
2 - Permettre de nouvelles découvertes et rencontres
« France-Russie/Russie-France 2010 » est une invitation au voyage, où toutes les disciplines et tous les registres pourront être conviés, célébration de la liberté de communiquer, de circuler et de créer, dont le retour sur l’ensemble de notre continent avait été salué par le violoncelle de Rostropovitch sous le mur de Berlin. Que ce projet puisse inspirer de part et d’autre des initiatives nouvelles élargissant le cercle des acteurs de la relation franco-russe constitue en soi un objectif de notre programmation. Celle-ci se veut par conséquent ouverte à la plus grande diversité de partenaires (publics et privés, petits et grands) et à une forte implication des villes et des régions. L’occasion est belle de faire des relations décentralisées une réalité plus tangible, constituée aussi bien de projets culturels, de séjours de jeunes, de coopération universitaire, ou de réalisations économiques. La variété des modalités d’intervention (commissariats d’exposition conjoints, résidences d’artistes, rencontres professionnelles, colloques, participations croisées à des manifestations nationales, échanges de jeunes…) est aussi destinée à démultiplier les occasions de rencontre et de coopération.
3 - Favoriser des créations et des projets inscrits dans la durée
Une grande variété de manifestations, propres à séduire les publics les plus divers, à les instruire et à susciter en eux le mouvement des sens et de l’esprit, voilà ce à quoi aspirent légitimement les programmateurs d’un projet comme le nôtre.
Contrairement à une idée parfois reçue, une telle action n’est pas vouée à l’éphémère et au seul culte de l’événement. L’événement, lorsqu’il exprime la force d’une oeuvre et d’une pensée, est fait pour marquer durablement nos mémoires : ne sommes-nous pas tous à garder vivantes les traces des émotions et des réflexions qu’ont éveillées en nous un concert, un film ou la présence sur scène d’un grand artiste ? Nous entendons aussi que Français et Russes se saisissent de l’occasion qui leur sera donnée et des moyens qui pourront être réunis à cet effet pour travailler et créer ensemble, en 2010 et au-delà. Plusieurs projets de création franco-russes sont d’ores et déjà lancés ou à l’étude, dans le domaine de la danse, de la musique, du théâtre et du cirque, parmi lesquels un nouveau ballet d’Angelin Preljocaj et un opéra tchékhovien de Philippe Fénelon. Puissent les exemples présentés dans ce premier livret susciter de nombreuses autres initiatives du même ordre. Il nous reste à souhaiter que l’intérêt pour le rendezvous de 2010, déjà manifeste dans le domaine de la culture, s’étende aussi aux autres domaines de prédilection communs aux Français et aux Russes. « France-Russie/Russie-France 2010 » ne trouvera tout son sens qu’avec le concours actif de l’ensemble des partenaires impliqués sur le terrain de l’initiative et de la création dans les deux pays. C’est à eux que nous présentons cette première ébauche, en espérant que leur soutien et leurs propositions nous permettront ensemble de transformer l’essai.
Nicolas Chibaeff
Commissaire général des années France-Russie