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Simone Weil / Repères biographiques
 

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  • 1909 Naissance à Paris, le 3 février. Elle a un frère, de trois ans son aîné, André, futur cofondateur du groupe de mathématiciens «Bourbaki». Enfant de santé fragile.

  • 1919 Entre au lycée Fénelon.

  • 1921 Santé toujours très incertaine. Ne retourne au lycée qu’épisodiquement. Prend des leçons de piano avec Germaine Tailleferre. Lecture des Pensées de Pascal.

  • 1923 Classe de première à Fénelon. Découvre Platon à travers le Phédon et le Criton.

  • 1924 S’inscrit en classe de philosophie au lycée Victor-Duruy pour être l’élève de René Le Senne, philosophe spiritualiste disciple d’Octave Hamelin.

  • 1925 Entre dans la classe d’Alain, en khâgne, au lycée Henri-IV. Se lie d’amitié avec Simone Pétrement.

  • 1926 Influence décisive d’Alain, qui l’appelle «la Martienne». Lecture assidue de Platon, de Descartes, de Spinoza et de Kant.

  • 1927 Formation du «Groupe d’éducation sociale»: Simone, son frère et ses amis y donneront des cours, destinés au peuple, à l’école municipale de la rue Falguière, jusqu’en 1931.

  • 1928 Reçue à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm; parmi ses camarades de promotion: Jean Beaufret, Thierry Maulnier, Maurice Bardèche, Robert Brasil-lach, Claude Jamet...

  • 1929 Adhère, et fait adhérer ses parents, à la Ligue des droits de l’homme. Donne des cours bénévoles à des cheminots.

  • 1930 Commence à souffrir de violents maux de tête. Soutient son diplôme d’études supérieures: «Science et perception chez Descartes».

  • 1931 Reçue à l’agrégation de philosophie. Nommée au lycée de jeunes filles du Puy. Contacts avec les milieux syndicalistes révolutionnaires. Participation active à la vie du mouvement ouvrier de la Haute-Loire et de la Loire.

  • 1932 Séjour en Allemagne. Divers articles - en particulier dans La Révolution prolétarienne - sur la situation politique allemande à la veille de la prise du pouvoir par les nazis.
    Nommée professeur au lycée d’Auxerre.

  • 1933 Vacances en Espagne. Prend contact avec des militants de la Fédération communiste ibérique, dissidents du parti communiste espagnol. Article dans La Révolution prolétarienne sur l’échec de la révolution russe et sur la défaite du mouvement ouvrier allemand.
    Collabore à La Critique sociale, revue du Cercle communiste démocratique dirigée par Boris Souvarine.
    Rencontre et héberge à Paris Trotski.

  • 1934 Traduit un texte de Machiavel sur le soulèvement des ciompi, ouvriers de la laine florentins.
    Achève son «grand œuvre», son «testament», qu’elle ne publiera jamais: Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.
    Entre comme manœuvre chez Alsthom à Paris.

  • 1935 Quitte Alsthom. Chômeuse, puis ouvrière spécialisée chez Renault.
    Échange de lettres avec Alain, à propos des Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.
    Fin du travail en usine.
    Vacances d’été en Espagne et au Portugal. Premier des «trois contacts» avec le catholicisme.
    Nommée professeur de philosophie à Bourges.

  • 1936 Correspondance avec Victor Bernard sur la vie ouvrière en usine. Expérience du travail agricole dans le Cher. Santé de plus en plus précaire.
    Antigone, dans la revue Entre-nous.
    Écrit La vie et la grève des ouvriers métallos, sous le pseudonyme de Simone Galois.
    Lettre à Auguste Detœuf sur la signification des grèves ouvrières.
    Assiste à une projection des Temps modernes de Charlie Chaplin.
    Départ pour l’Espagne: engagement dans les rangs des anarcho-syndicalistes. Une blessure accidentelle hâtera son rapatriement.
    Obtient un congé de maladie pour un an.
    Textes divers, dont deux lettres: Lettre ouverte à un syndiqué et Lettre aux Indochinois (qui abordent la question coloniale en Extrême-Orient).

  • 1937 «Ne recommençons pas la guerre de Troie», dans les Nouveaux Cahiers.
    Voyage en Italie. À Assise, deuxième «contact» avec le catholicisme.
    Compose un poème, Prométhée. Écrit La Condition ouvrière, qui sera publiée dans l’ouvrage éponyme.
    Nommée au lycée de Saint-Quentin (Aisne).

  • 1938 Nouveau congé de maladie, reconduit, d’année en année, jusqu’à sa mort. Semaine pascale à Solesmes. Troisième «contact» avec le catholicisme.

  • Lettre à Georges Bernanos, après la lecture des Grands Cimetières sous la lune.
    Assiste au congrès du groupe Bourbaki, à Dieulefit (Drôme).
    Première expérience mystique: est visitée par le Christ alors qu’elle récite le poème Love, de George Herbert.

  • 1939 Rédige «Réflexion en vue d’un bilan», qui signe son abandon du pacifisme.
    Écrit «Réflexions sur les origines de l’hitlérisme» et «L’Iliade ou le poème de la force».

  • 1940 Lit la Bhagavad-Gîtâ, dont l’esprit lui semble très proche de l’esprit chrétien.
    André Weil est inculpé d’insoumission et incarcéré à la prison du Havre: riche correspondance (en particulier sur les mathématiques) entre le frère et la sœur. Il s’embarquera bientôt pour les États-Unis.
    Rédige un «Projet d’une formation d’infirmières de première ligne», qu’elle remaniera plusieurs fois.
    Paris est déclarée «ville ouverte». La famille Weil s’installe à Marseille, via Nevers. Prend contact avec Les Cahiers du Sud, de Jean Ballard.
    Lettre au ministre de l’Instruction publique pour protester contre le «Statut des juifs».

  • 1941 Étudie le sanscrit avec René Daumal, qui lui fait rencontrer Lanza del Vasto.
    Fréquente la Sociéte d’études philosophiques de Marseille, animée par Gaston Berger. Écrit pour lui un Essai sur la notion de lecture.
    Rencontre le père Perrin, dominicain, qui lui fait connaître Gustave Thibon, écrivain catholique, qui exploite une ferme en Ardèche. Exprime sa volonté d’y travailler comme ouvrière agricole.
    Lecture du Tao-Tö-King et des Upanishads. Vif intérêt pour le folklore. Apprend et récite le Pater en grec.
    Lettre à Xavier Vallat, commissaire aux questions juives, sur le «Statut des juifs».
    Grande fécondité intellectuelle. Nombreux articles dans Les Cahiers du Sud («Le Génie d’Oc et l’homme méditerranéen», «L’avenir de la science», «Réflexion à propos de la théorie des quanta»...). Deux poèmes: La Mer et Les Astres.

  • 1942 Lettres au père Perrin (réunies dans Attente de Dieu).
    Rencontre Joë Bousquet à Carcassonne.
    Longues conversations avec dom Clément Jacob à l’abbaye bénédictine d’En-Calcat (Tarn).
    Retour à Marseille. Nombreux textes: Réflexions sur le bon usage des études scolaires en vue de l’amour de Dieu; Formes de l’amour implicite de Dieu; Les Trois Fils de Noë; L’Amour de Dieu et le Malheur.
    Lettres d’adieu à Joë Bousquet et au père Perrin.
    Départ pour l’Amérique, via Oran et une longue escale à Casablanca (rédaction des Intuitions pré-chrétiennes).
    Écrit la plus grande partie des Cahiers d’Amérique (La Connaissance surnaturelle).
    Trois lettres importantes: au père Couturier (Lettre à un religieux); à son frère, lui recommandant ses parents; et à Jean Wahl, pour lever toutes équivoques concernant son attitude à l’égard de Vichy.
    Embarquement pour l’Angleterre (novembre). Affectée, à Londres, comme rédactrice au Commissariat à l’action sur la France.
    Intense production intellectuelle (Écrits de Londres et L’Enracinement).

  • 1943 Entre à l’hôpital Middllesex (tuberculose diagnostiquée). Elle est transportée au sanatorium d’Ashford (Kent). Refuse de se nourrir et de se soigner.
    Meurt le 24 août. Inhumation au New Cemetery d’Ashford, dans la section réservée aux catholiques.