
Les rapports de Simone Weil et du christianisme ne sont pas dune simplicité
biblique. Parler delle comme dun philosophe chrétien est à la
fois une évidence et un contresens. Elle sest déclarée chrétienne
(«cette foi est mienne») tout en restant sur le seuil, dans le nartheix
où se tiennent les catéchumènes («jai pour vocation
dêtre chrétienne hors de lÉglise») et refusera jusquau
bout un baptême que daucuns pourtant auraient bien aimé lui administrer.
Il faut dire encore, ce qui lui valut post mortem les foudres théologiennes, que la lecture de LIliade, des dialogues platoniciens (en particulier du Timée), de la Bhagavad-Gîtâ, du Livre des morts, du Tao-Tö-King et de quelques autres textes à limprobable orthodoxie fortifiera sa conviction religieuse dinspiration catholique. «La religion chrétienne contient explicitement des vérités que dautres religions contiennent implicitement», et réciproquement. Le christianisme auquel elle adhère est celui qui offre la possibilité d«aimer lamour divin à travers le malheur» ; cest «la pensée de la Passion du Christ» qui est entrée en elle décisivement, et pour toujours. Toutes les fois que je pense à la crucifixion du Christ, je commets le péché denvie.» (Attente de Dieu) | ||||
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