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Mal en cour auprès du pouvoir royal, malgré son titre d'historiographe de France, Voltaire se venge en s'attirant les faveurs d'un autre puissant monarque. Depuis 1740, en effet, le jeune Frédéric II de Prusse multiplie ses invites. A la fin de juin 1750, Voltaire fait ses adieux et part pour Berlin. A la cour du « roi philosophe » arrive le « philosophe roi ». Il reçoit la clef de chambellan et la croix de l'ordre du Mérite. Mais assez vite, les relations entre le monarque rimailleur et le poète railleur deviennent orageuses. Certes, Voltaire triomphe aux soupers, corrige les vers du roi, écrit en liberté : il achève et publie Le siècle de Louis XIV, et découvre les vertus du dialogue philosophique (Dialogue entre Marc-Aurèle et un récollet, Dialogue entre un brachmane et un jésuite). Mais le séjour à Potsdam et la cohabitation avec ce roi carnassier deviennent assez vite pesants. Voltaire se brouille avec Frédéric pour affaires (procès Hirschell), puis se réconcilie, et se brouille à nouveau presque définitivement. A la fin de 1752, le drame éclate. Maupertuis, président de l'Académie de Berlin, prétend avoir découvert un des secrets de l'univers avec son principe de moindre action. Mais voilà qu'un membre associé de l'Académie, König, affirme que cette loi a déjà été formulée par Leibniz dans une lettre dont il ne réussit pas à produire l'original. König, condamné pour faussaire, est défendu par Voltaire qui accumule les rancoeurs contre Maupertuis. La réputation de l'Académie de Berlin étant en jeu, le roi Frédéric II se met de la partie. C'est alors que Voltaire fait circuler une Diatribe du Docteur Akakia, qui ridiculise des rêveries scientifiques que Maupertuis avait eu la faiblesse de publier. C'est la guerre. Frédéric, fou de rage, fait saisir l'Akakia, et Voltaire décide de quitter Berlin. En route, il lance une nouvelle ruade contre le pauvre Maupertuis déjà terrassé. Le 31 mai 1753, alors qu'il compte passer la nuit à Francfort, ville libre, Voltaire est arrêté et soumis aux brutalités des fonctionnaires prussiens. Officiellement, Frédéric veut récupérer un livre de poésie qu'il avait confié à Voltaire, mais le projet ne fut peut-être que de l'humilier. En tout cas, Voltaire reste prisonnier à Francfort jusqu'au 7 juillet, date à laquelle le fameux livre est retrouvé.
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