Habillée par Patou, la divine, l'invincible Suzanne Lenglen, reine de Wimbledon et de Saint-Cloud de 1914 à 1925, fut aussi la partenaire de double des rois. Première femme passée professionnelle en 1926, celle dont les vols "en attaque", immortalisés par Jacques-Henri Lartigue devaient inspirer une chorégraphie des jeux de Debussy, créa à partir de 1928 une école, où elle enseignait aux jeunes le tennis en s'inspirant de Pavlova, c'est-à-dire selon les règles de la danse classique.
1751-1772 - Planches de l'Encyclopédie.
Somme de toutes les connaissances, la Grande Encyclopédie animée par Diderot fait la part belle à la paume, en montrant comment on fabrique raquette, cordage, et balles. Remplie de plumes et de sable, de poils de chiens, puis de cheveux, de tissus, de coton, la balle est nouée, enroulée, coupée, nouée, et recouverte... Un métier.
"La paume. Jadis, Charles le Sage, en son tripot du Louvre, avait follement prétendu interdire cet exercice à tous ceux qui n'étaient pas gentilshommes.
La corporation des paumiers, qualifiés dans leurs premiers statuts esteufiers-pelotiers, puis faiseurs d'esteufs, avait ses maîtres, ses compagnons, ses apprentis, ses marqueurs ou naquets, et une patronne de confrérie, Sainte-Barbe. Ils détenaient le privilège de la confection des éteufs, balles recouvertes de cuir et garnies de bonne bourre d'étoupe, pesant dix-huit estelins. Les balles de Paris connurent au pays de l'esterlin ou sterling, une réputation dont l'écho s'entend encore dans Shakespeare. Quand les esteufiers firent des battoirs puis des raquettes, on les appela aussi raquettiers. Le battoir se fabriquait d'ordinaire avec des parchemins usagés, peaux de bêtes ou vessies de porc ayant déjà servi aux écritures. J'ai ouÿ dire à M. Chapelain, raconte Saint-Evremond, qu'un de ses amis, homme de lettres, avoit joué à la longue paume avec un batoire sur lequel se voyoient des fragmens des Décades de Tite-Live que nous n'avons point. S'il faut en croire cette inquiétante anecdote, et d'autres de même farine, quelques bons auteurs auraient servi de battoirs à renvoyer l'éteuf."
Jean Delay
, de l'Académie Française, in Avant Mémoire
(Gallimard, 1979)
Vers 1800 - La longue paumedes Champs-Elysées
Dessinée par Desrais, gravée par Blanchard. Vestes tombées, manches retroussées, on échange quelques balles. Selon certaines sources, les tabourets servaient pour les services...
J'ai tant joué avecques Aage1
A la paulme que maintenant J'ai quarante-cinq; sur bon gage
Nous jouons, non pas pour néant.
Assez me sens fort et puissant
De garder mon jeu jusqu'à ci
Ne je ne crains riens que Soussy2
Charles d'Orléans (1391-1465)
1632 - Gravure de Crébierre
Frontispice du livre de Hulpeau, le premier ouvrage français consacré à la paume. Cette image nous montre que l'on joue fort heureusement tête nue, qu'un joueur est gaucher, que la salle est bien éclairée et bien pavée.
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