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Sport & Littérature / Les sports mécaniques
 

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En 1906, Coupe Gordon-Bennett en jeu, Guillaume II, l'empereur d'Allemagne, espérait le triomphe de Mercédes, sur ce circuit de Saalburg. Hélas, c'est la Richard-Brasier bleue de France, la n°5, pilotée par Léon Théry, qui s'imposa. Les sports mécaniques et aériens connaissent alors un premier âge d'or devant des assistances déjà considérables. Les inventeurs, constructeurs et pilotes français jouent un rôle majeur dans ces temps héroïques, où l'audace et la vitesse sont déjà reines.

Avant d'en arriver à la Formule 1 que nous connaissons, la compétition automobile ivra bien des aventures... Le temps des pilotes en casquette, avec les mécanos à leurs côtés... Ou celui des courses sur route interdites après les accidents mortels survenus dans le Paris-Madrid 1903.

Ah! Vous venez me demander ce que je pense des autos? J'en pense qu'elles vont trop vite et que presque tous ceux qui vont dedans sont atteints de la folie de la rapidité. Il faut aimer la rapidité, si utile en bien des occasions, mais il ne faut pas se laisser griser par elle au point de la rendre néfaste.

Louise Michel

1905 - Léon Théry

Vainqueur de la coupe Gordon-Bennett en 1904 et 1905, le solide pilote aura les honneurs de la prestigieuse collection Félix Potin. La consécration.

1913 - Jules Goux gagne à Indianapolis

Devant 96 000 spectateurs, à 124 km/h, Goux sur Peugeot enlève les prestigieux 500 miles, prouvant que les constructeurs européens sont les meilleurs du monde.

Le grand Manuello jouait de son bolide comme Rubinstein d'un piano. La comparaison a l'air idiote si l'on oublie l'oreille musicale qu'il fallait à un pilote pour saisir l'insaisissable retour d'une certaine fréquence vibratoire indispensable à tel passage en troisième, à l'amorce d'un dérapage ou au redressement des roues sans déjanter trop brutalement.

Romain Bouteille

1901 - Henry Fournier

Sur sa Mors n°4 au "museau de pur-sang allongé", l'ancien champion cycliste gagne Paris-Berlin. Quelque part une petite revanche sur et chez le vainqueur de 1871, et en tout cas une grande victoire pour l'industrie française, et pour Michelin dont les pneumatiques chaussent ce bolide de 52 chevaux.

En deuxième à 80, le virage. Voici la ligne droite : à cinquante mètres, le rideau blanc de brume. Éteindre ses phares. Accélérer à fond. Roger doit se forcer pour pousser jusqu'au plancher sa pédale d'accélérateur. C'est une manoeuvre imprudente, contraire à ses réflexes. N'y a-t-il pas une voiture devant lui, roulant lentement ou même arrêtée? Mais sa volonté commande inexorablement ses gestes. Calme, sans aucune frayeur, il regarde en l'air et retrouve, à quelques mètres au-dessus de sa tête, la chevelure des platanes dont la frontière bienveillante se découpe sur le ciel et lui trace de façon assez précise l'axe de la route. Le compte-tours indique 26 000. Passer en troisième. Toujours appuyer à fond. Toujours regarder en l'air. Toujours manoeuvrer le volant insensiblement avec une extrême douceur. Dans les trois kilomètres avant le deuxième obstacle, Roger surveille les voitures qui le précèdent. Il dépasse facilement deux concurrents de petites cylindrées. La route est maintenant dégagée sur un kilomètre jusqu'à la courbe des sapins. Il lève légèrement le pied, prend son virage à 220 et ne freine même pas en pénétrant dans le bouchon de brume. Il n'a pas éteint ses phares, cette fois, et la lumière réfléchie sur cette masse blanche l'aveugle. Mais il regarde le ciel en comptant lentement. En un peu plus de quatre secondes, il a retrouvé à nouveau l'obscurité franche et dégagée.
Virage de Mulsanne... Virage d'Arnage... La Maison-Blanche... En passant devant le stand, il arrête son chronographe. Temps du tour : 4 minutes 55. Mieux que la moyenne. Tout va bien. Le patron doit être content et Dumont un peu soulagé !

J.-A. Gregoire

1904 - H. Bellery Desfontaines

Pour la Richard-Brasier bleue pilotée par l'expérimenté Léon Théry, enlever en Allemagne la coupe Gordon Bennett, c'est la consécration absolue. À en commander cette somptueuse réclame à un artiste coté.

Maurice Trintignant

Le pilote automobile Cevenol profita de la célébrité procurée par ses victoires dans le Grand Prix de Monaco en 1955 et 58, et dans les 24 h du Mans 1954, pour commercialiser un excellent petit vin local sous l'amusant label de Pétoulet. Un surnom justifié par le bruit incongru que faisait le pot d'échappement d'une de ses premières voitures.