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Sport & Littérature / Les sports de montagne
 

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Nicole Le piolet remplaça l'alpenstock et malgré ses doigts mutilés Maurice Herzog prit un jour la trace d'Alexandre Dumas 1.

Au-dessus d'une colline solidement massée, quelques rochers dominaient les cimes des hêtres semés clair. Un grand éboulis qui semblait la ruine d'une digue, montait de ce côté-là jusqu'en haut. Le coureur se plut à l'escalade. Son poids tira sur ses bras. Il tordait les hanches pour envoyer les pieds chercher un soutien dans une fissure. Chaque fois qu'il pouvait s'asseoir ou se dresser en pied, il ramenait vers le dessous de la main la chair de ses doigts. Mais à chaque nouvel accrochage le fragile matelas s'aplatissait et laissait tout l'homme peser sur les tendons des phalanges et les petits os. Les arêtes de la pierre marquaient la peau. Plus haut le rocher se présenta par plaques lisses et obliques. Le grimpeur s'y colla; ses muscles étalés et bien appliqués faisaient ventouses et tous les équilibres alourdissaient le frottement. Il évitait de regarder sous lui; car un homme sain, debout ou accroché, défie le vertige, mais s'il ne tient que par adhérence, et veuille regarder, il se trouvera subitement désaimanté. Le grimpeur enfin prit son dernier appui au creux de son ventre, jusqu'à faire fléchir les fausses côtes, et se hissa, sur les poignets, au sommet du plateau.

Jean Prevost

1952 - Maurice Herzog

Le 3 juin 1950 l'expédition conduite par Maurice Herzog atteignait l'Annapurna. C'était la première fois qu'un 8000 mètres était conquis par l'homme. La relation de cette terrible conquête devait avoir un retentissement mondial et atteindre des tirages record.

La sueur commençait à lui mouiller les paupières et lui entrait dans le regard avec son sel. Joseph respirait difficilement. Il voit tout le glacier qui a commencé à faire un mouvement avec son dos de haut en bas, dans le sens de sa longueur, comme quand le serpent rampe. En même temps, la moraine s'est mise à balancer ; toute la grande paroi où il se tenait, comme le marin en haut de son mât, balance. Joseph s'y est cramponné des deux mains, mais inutilement, parce qu'elle va en arrière, elle vient en avant. Il s'est trouvé à un moment donné surplomber le vide, au fond duquel des vagues comme celles de la mer roulaient l'une au-dessus de l'autre avec leur écume ; et est-ce à présent qu'on rêve et avant on ne rêvait pas, ou le contraire ? comme il cherche à se dire encore, se cramponnant toujours au roc qui a été amené en arrière, de sorte qu'un instant la vue sur le glacier lui fut retirée, mais le mouvement contraire la lui ramenait déjà. Peut-être qu'on rêvait avant et on rêve encore à présent. Il leva alors ses regards, il les tourna vers en haut par-dessus son épaule, il les ramena en avant de lui ; il a connu que la partie supérieure du glacier continuait d'être cachée. Il vit qu'il y avait toujours là-haut ce plafond comme de la terre jaune, comme une grande plaine d'argile vue à l'envers, mais ensuite l'air était libre, en même temps que plein d'une obscure lumière. C'est ce qu'il aperçoit encore, tandis qu'il respirait mal ; et d'en bas le glacier a commencé alors à éclairer en vert et en bleu, venant à lui avec ses reflets verts et bleus, dans un double faux éclairage, en même temps que le glacier montait, il redescendait, puis remontait. Il faut dire qu'on n'a pas dormi depuis deux jours. Joseph commençait à ne plus être très assuré sur ses jambes, pendant qu'il sentait à côté de lui et sous lui bouger la pente, qui a penché encore une fois. Et de nouveau des pierres ont roulé jusqu'à lui ; sans doute que c'était le mouvement même du sol qui les faisait se déplacer, comme quand il y a un tremblement de terre ; elles venaient, elles venaient à présent par grandes troupes, descendant les couloirs, les plus grosses devant, descendant avec bruit les couloirs ; alors Joseph essaya d'aller plus vite, mais il glissait, il est tombé. Il se retint juste à temps des deux mains à une saillie du roc ; il s'était remis debout, il lui a semblé alors entendre toute la montagne se mettre à rire.

Ramuz

Dès qu'il eut bien pris la pente, le bob accéléra sa vitesse. L'équipage obéissant accomplissait les rites comme une troupe entraînée à la manoeuvre. Le fameux virage avant le pont couvert fut pris avec un art consommé et presque sans ralentir. Aynaud-Marnière goûtait une joie inconnue à cette course dans la neige, le visage fouetté par le vent pur des cimes et caressé par un soleil déjà chaud, les yeux cueillant, comme des mains avides qui se précipitent sur les fleurs, cette splendeur des montagnes illuminées sous le ciel d'azur, la poitrine à l'aise dans le chandail de laine, l'esprit excité par le combat. Il apercevait, devant lui, le petit béret vert impassible, car le conducteur ne doit pas changer sa position. Et le petit béret montrait un sang-froid inattendu, comme un vieux capitaine de bob, freinant à peine au moment de virer de façon à conserver son allure pour aborder la ligne droite suivante en pleine vitesse.

Henry Bordeaux

1948 - Henri Oreiller

Le fou descendant de Val-d'Isère et champion olympique dans le "mur de la sorcière" connu la consécration populaire en figurant sur les images diffusées par un chocolatier.

1966 - Guy Perillat

Vainqueur du Kandahar 2 en 1961, champion du monde de slalom géant en 1966, il poussera la chansonnette comme Kiki Caron et Just Fontaine.

Bobsleigh 1936 . Quatre descentes d'entraînement, six minutes de sport en quinze jours. De quoi devenir enragé ou gagner des trognes de chanoine et des arrière-trains en montgolfière, car nos services d'intendance avaient été prévoyants.

Jean Dauven

1937 - Émile Allais

Triple champion du monde, le blond mégevan aux yeux bleus inspira à Pellos une mémorable bande dessinée.

Tout le long du jour, ce fut ainsi ; ainsi tout le long de l'arête. Têtus et maladroits, nous trottions comme des crabes sur cette passerelle hardiment lancée à travers les sables mouvants du vide, et derrière nous s'accumulaient, au fur et à mesure de notre avance, ses volutes et ses détours. Elle avait à la fois les ondulations reptiliennes d'un câble fouettant l'air et la puissante fixité des marbres. Et l'on sentait que ces arcs-boutants et ces voûtes, toute cette gloire et cette logique, n'étaient que l'aboutissement d'énormes et obscurs contreforts qui plongeaient leurs racines jusqu'au sein de la terre. Chaque courbe, le fruit suprême d'un effort que l'on pouvait suivre jusque dans la vallée, et elle chantait pour tout le reste.

Samivel

1 Alexandre Dumas Impressions de voyage en Suisse (1832).
2 Kandahar épreuve de ski la plus convoitée du calendrier, récompensée par un K de diamant au 3 e succés.