
Né en 1958 dans la région parisienne, Dominique Viart
est professeur de littérature française à luniversité
de Lille. Son premier essai, LÉcriture seconde, pratique
poétique de Jacques Dupin, paraît en 1982 aux éditions
Galilée. Il est suivi de travaux et de directions douvrages
sur le roman et la poésie du xxe siècle ( La
Littérature contemporaine. questions et perspectives,
PU de Leuven, 1993 ; LInjonction silencieuse,
La Table ronde, 1995 ; Jules Romains et les écritures
de la simultanéité, PU de Lille, 1996). Spécialiste
de luvre de Claude Simon, auquel il a consacré un
livre ( Une mémoire inquiète, PUF,
1997 ), et codirecteur de La Revue des sciences humaines,
il participe en outre aux comités de rédaction des revues
Beckett Today ( Amsterdam/Atlanta ), Sites,
the journal of 20th-century contemporary french studies
( USA ) et Roman 20-50 ( Lille ). Écrire avec le soupçon : Introduction Près de quatre cents romans paraissent à
chaque rentrée littéraire, en septembre. Auxquels il faut
ajouter ceux dont la publication intervient au fil de lannée.
Cest dire, au moins quantitativement, et même sil
faut faire la part dun système éditorial qui trouve
son bénéfice économique dans la multiplication
des titres et des «offices» de librairies, lextrême
vitalité dun genre que lon aurait pu croire menacé
par le succès de laudiovisuel ou des échanges sur
Internet. Mais quen est-il de la qualité et de lintérêt
de ces livres? Quelques critiques (Jean-Marie Domenach, Henri Raczymow
)
se sont élevés ces dernières années pour
déplorer que la littérature française navait
plus rien à dire, quelle avait perdu sa valeur et sa vigueur.
On peut certes regretter lindigence de quantité de textes
publiés comme «romans». Nombre dentre eux tiennent
du produit périssable et la «dure loi du marché»
ne se prive pas de le leur rappeler. Mais dans le flot tout nest
pas à rejeter. Et lon est en droit de se demander si de
tels propos ne révèlent pas une relative méconnaissance
du fait littéraire contemporain (du reste parfois reconnue par
ceux-là mêmes qui les tiennent). Car la littérature
évolue: elle ne se donne pas aujourdhui les mêmes
enjeux quautrefois. Elle réforme ses pratiques et ses usages,
tente dautres approches des objets qui la sollicitent. On ne saurait
dès lors lévaluer selon les canons constitués
au regard des pratiques antérieures ce que font trop souvent
ces critiques.
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