
Des bêtes qui nous ressemblent Les animaux sont présents dans plusieurs films auxquels Prévert a participé : le perroquet dUn oiseau rare, le chien du Quai des brumes, le cheval de Sortilèges, loiseau et ses petits (entre autres) du Roi et lOiseau, lâne de Bim le petit âne, les animaux dune basse-cour dans «Agnès Bernauer» (sketch pour Les Amours célèbres...). Dans de nombreux textes, le poète dit son horreur de la souffrance infligée aux bêtes par les hommes : il sélève contre le gavage des oies, les tortures subies par les veaux nourris aux strogènes et enfermés dans de minuscules cages («Irrespect humain»). Il remarque aussi - comme il le fait au sujet des femmes - que les animaux sont maltraités par le langage quotidien. Dans «Cataire», il constate que les hommes ont insulté presque tous les animaux (vache, veau, cochon, chameau...) à lexception des chats («ils nont pas osé»). Cet amour pour le monde animal se manifeste tout particulièrement dans le long poème publié en 1951 sous le titre Des bêtes..., accompagné de photographies danimaux par Ylla. Comme très souvent dans son uvre, Prévert leur associe dans son affection les enfants, les femmes et certains hommes (ceux quil aime ou ceux quil défend parce quils sont exploités). Mais quand les «bêtes» apparaissent dans ses fables et ses contes (Contes pour enfants pas sages, par exemple), elles ne sont pas seulement des figures symboliques de lêtre humain opprimé. Le poète raconte dabord leur histoire, suggérant quelle ressemble parfois à la nôtre. | ||||
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