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Jacques Prévert / Combats de la maturité
 

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Solidarité avec les opprimés du monde

Jusqu’à la fin de sa vie, Prévert commente les événements et s’intéresse à ce qui se passe dans le monde. En 1950, il défend Henri Martin qui a refusé de se battre contre les Indochinois («Entendez-vous gens du Vietnam»). La guerre d’Algérie et la pratique de la torture provoquent sa colère : il la manifeste dans des entretiens radiophoniques et dans des textes qui paraissent notamment dans Fatras (1966). Des citations de divers journaux ou empruntées aux paroles ou aux écrits d’individus plus ou moins célèbres sont insérées dans ses recueils, pour montrer comment certains se déshonorent par leurs propos. C’est ainsi que le témoignage d’un militaire parlant de l’usage des maladies infectieuses comme armes possibles est proposé sans commentaires. Dans ses entretiens avec André Pozner qui seront publiés en 1972 (Hebdromadaires), il se plaît de nouveau à citer articles ou livres liés à l’actualité et, cette fois, à les commenter. En mai 1968 il se solidarise avec les ouvriers et les étudiants, et les textes où il prend le parti des manifestants et des grévistes paraissent aussitôt dans L’Enragé et La Vie ouvrière. Les papes successifs, loin d’adoucir son anticléricalisme, s’attirent pour la plupart ses sarcasmes, notamment PaulVI et son rejet de la contraception. Dans Rouge, publié en 1971 en hommage au peintre Fromanger, il dit encore son horreur des guerres qui se déroulent partout sur la planète et sa sympathie fraternelle pour les opprimés. Le texte est repris dans Choses et autres (1972), dernier recueil paru du vivant de Prévert, qui porte aussi l’empreinte de son dégoût du racisme. Angela Davis, enseignante américaine noire accusée injustement en 1970 d’avoir acheté des armes ayant servi dans un attentat, lui inspire «Pour la batterie» et «Angela Davis». Les paroles de Prévert, comme celles de Hugo au XIXesiècle, sont des actes.