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La France et l'Olympisme

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Olympiques et célèbres

Tous les athlètes rêvent de participer aux Jeux, considérés comme un aboutissement, une consécration, un sommet d’excellence. Mais pour ceux qui ont peut-être le plus tutoyé ce sommet, il pourra être un tremplin vers une carrière sportive encore plus épanouie, voire une reconversion cinématographique réussie. Les exemples sont légion. La tragédie y a aussi sa place, et la télévision a encore amplifié ces possibilités de reconversion de champions qui «passent l’écran», comme le judoka français Thierry Rey. On croit que tout a commencé avec le nageur américain Johnny Weissmuller, héros des Jeux de Paris en 1924, et d’Amsterdam en 1928, qui va devenir Tarzan à l’écran. Mais avant lui, quoique dans des registres moindres, il y avait eu le cycliste Octave Lapize, troisième des Jeux de Londres en 1908, et premier du Tour de France 1910, Jean Bouin, héros malheureux du 5000m de Stockholm en 1912, ou Paavo Nurmi, le pedestrian finlandais neuf fois médaillé d’or entre 1920 et 1928, disqualifié pour professionnalisme, puis statufié, requalifié et finalement réhabilité. Jules Ladoumègue fut aussi un héros brisé des Jeux: médaillé d’argent sur 1500m en 1928, il devait obtenir la consécration en 1932, quand on lui reprocha d’avoir touché de l’argent; on le disqualifia donc. À cette époque, les athlètes participant aux Jeux étaient en eVet obligatoirement amateurs. Il alla donc à Los Angeles, comme journaliste, avant de se produire sur la piste des cirques, où sa foulée de 2,25 mètres enchantait les spectateurs. Sa requalification mobilisa en 1935 des milliers de spectateurs sur les Champs-Élysées… Mais trop tard! C’était déjà le temps où Buster Crabbe, lauréat du 400m nage libre des Jeux de 1932 aux dépens de notre Jean Taris national, était en passe de succéder à Weissmuller dans le rôle de Tarzan. À la même époque, Sonia Henie, la fée de la glace, lauréate des Jeux d’hiver en 1928, 1932 et 1936, faisait un malheur au cinéma et au théâtre. Le skieur Henri Oreiller, rendu célèbre par son titre olympique de descente en 1948, taillera ensuite plus allégrement les routes des rallyes. L’Indien américain Jim Thorpe, héros malheureux des Jeux de 1912, Charles Rigoulot, l’homme le plus fort du monde dans les Années folles, Emil Zatopek, le triple champion olympique tchèque (1952), au destin brisé par la politique, et même Cassius Clay, champion de boxe des Jeux de Rome, procèdent aussi un peu, beaucoup, voire a posteriori, de cette gloire olympique qui, grâce à l’excellent film Les Chariots de feu, réalisé cinquante ans plus tard, éclaira les exploits des coureurs anglais Abrahams et Liddell aux Jeux de 1924. Les champions olympiques de l’Antiquité pouvaient être statufiés, aujourd’hui, la reconnaissance s’est adaptée au progrès.

 

 

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