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La France et l'Olympisme

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Essentiel, le cérémonial


Si les Jeux sont devenus ce qu’ils sont, ils le doivent beaucoup à leur cérémonial, à leur protocole. Un appareil auquel le baron de Coubertin contribua fortement en créant le drapeau olympique avec les cinq anneaux en 1914, et en organisant la première prestation de serment par l’escrimeur Victor Boin à Anvers en 1920. Géo André lui succéda à Paris en 1924, et, depuis, la tradition s’est perpétuée, impliquant chaque fois une figure sportive emblématique du pays organisateur. Petite histoire au sein de la grande: la première femme à prêter le serment l’a seulement fait en 1956 aux Jeux d’hiver de Cortina d’Ampezzo (c’était la skieuse Giuliana Chenal-Minuzzo); pour les Jeux d’été, il a fallu attendre Munich, en 1972, pour voir la sauteuse en longueur Heidi Schuller promettre au nom de tous les concurrents de participer «dans un esprit chevaleresque pour la gloire du sport et l’honneur [des] équipes».

Avec les défilés (dès 1908 à Londres, et surtout 1912 à Stockholm)  vont apparaître les porteurs de drapeau de chaque délégation. Depuis 1896, il y avait déjà le symbole de la personnalité ouvrant les Jeux. Roi, chancelier, président de la République ou empereur, c’est le régime du pays qui dicte. Du roi Georges vi de Grèce, en 1896, à Ronald Reagan, à Los Angeles, en 1984, en passant par l’empereur du Japon Hirohito, en 1964, ou la reine Élisabeth ii d’Angleterre, en 1976, la galerie est impressionnante. Ces chefs d’État, ces têtes couronnées intervenaient directement autrefois, lors de la cérémonie de remise des médailles. C’est ainsi qu’en 1912 Gustave v de Suède était sur le podium pour passer leurs médailles aux trois premiers. Depuis 1928, le processus a été inversé, et ce sont les athlètes qui, dorénavant, se hissent sur le podium. C’est justement cette année-là, à Amsterdam, qu’apparut pour la première fois la flamme dans le stade; mais c’est à Berlin, en 1936, dans le contexte idéologique que l’on sait, qu’elle arriva de Grèce après un relais pédestre réalisé par des athlètes des pays traversés. Un symbole considérable, assorti de l’honneur suprême d’être le dernier porteur de la flamme. En 1952, ce fut Paavo Nurmi, que son pays tenait à réhabiliter; en 1968, à Mexico, ce fut Enriqueta Basilio, la première femme. Quatre ans auparavant, au Japon, Yoshinori Sakai, né à Hiroshima le jour du bombardement, brandissait avec émotion la flamme sacrée.

Les Jeux, qui épousent parfaitement la vie et le tissu du pays organisateur, comme y tenait expressément le baron (par exemple lors des cérémonies d’ouverture, de plus en plus spectaculaires, ou dans le cadre des villages olympiques), oVrent depuis 1956 leur message le plus fort au moment de la cérémonie de clôture. En eVet, après l’inévitable et importante cérémonie des adieux, de la passation de relais d’une ville à l’autre, se produit le défilé bras dessus, bras dessous, délégations mêlées, imbriquées, mélangées, de tous les athlètes. Une internationale vivante et vécue du sport, dans la lignée du rêve olympique de Coubertin.

 

 

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