
Moi, je mets la Chine dans ma cour Jai pourtant tellement besoin de voyager.Ah, si je pouvais vivre en télésiège, toujours avançant, toujours en de nouveaux pays. (Vents et Poussières) Michaux, voyageur effréné, naura finalement écrit que deux livres de pérégrinations. Mais cest une façon percutante dannoncer lépoque des «tristes tropiques» : avec lui (comme avec Leiris ou Segalen), lécrivain voyageur entre dans lère du soupçon. Les deux livres de voyages se terminent tous deux de façon paradoxale : «La vie la plus simple et la plus monotone serait la plus attachante.» (Ecuador) «Ne vous occupez pas des façons de penser des autres. / Tenez-vous bien dans votre île à vous. / collés à la contemplation.» (Un barbare en Asie) Il nest pas de secret qui soit logé dans les infinies variations du monde, pas dinitiation qui puisse se satisfaire dun déplacement sur la «planète des agités». Ailleurs, de manière métaphorique et provocatrice, Michaux fait vu de sédentarisme : «Je ne voyage plus. Pourquoi les voyages mintéresseraient-ils ? / Ce nest pas ça, ce nest jamais ça. [...] Moi, je mets la Chine dans ma cour.»
Ces formules utopiques dun espace «remparé» sont aussi
des antiphrases. Michaux ne cesse de se projeter dans la cour du monde. Mais
alors, dira-t-on, pourquoi sobstiner à voyager ? Dans quel emportement,
avec quelle énergie ? Voici deux réponses du voyageur malgré
lui : | ||||
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