
Poète ? Écrivain ? Peintre ? Aucune de ces appellations restrictives
ne semble tout à fait convenir à Henri Michaux. Il a toujours
affirmé la prééminence dune expérience sensible,
lexigence dun trouble intime, avec lequel il faut savoir «garder
le contact». Sil a publié des livres, exposé sa peinture,sil
sest inscrit dans lespace socialisé des belles-lettres ou
de lart, il a toujours associé ses entreprises esthétiques
à une investigationqui les englobe : «Jécris pour me
parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est laventure
dêtre en vie.»
Car lénigme centrale reste précisément le phénomène d«être en vie», à travers ses manifestations les plus inquiétante : lenfance, le rêve, la folie, les «passages» et voyages de toutes sortes où lon sefforce datteindredes états extrêmes ou, du moins, de quitter le quotidien. La grande partie de ma vie, je laurais vécue comme une galaxie. (Passages) Né le 24 mai 1899. Belge, de Paris. Aime les fugues.Matelot à 21 ans. Atlantique Nord et Sud. Rapatrié malade.Plus tard, voyages en Amazonie, en Équateur, aux Indes, en Chine.Il est et se voudrait ailleurs, essentiellement ailleurs, autre.Il limagine, il faut bien quil limagine.Ses livres: Qui je fus, Ecuador, Un barbare en Asie, Plume, La nuit remue lont fait passer pour poète.Il peint depuis peu.Le déplacement des activités créatrices est un des plus étranges voyages en soi quon puisse faire. ("Qui il est", H.M. Pr?face de Peintures, 1939)
| ||||
|
|