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La nouvelle médecine française / Médecine du XXIesiècle
 

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La communication en médecine

Même la communication en médecine subit des modifications. Le nombre des revues professionnelles reste trop important malgré les difficultés invoquées par l'édition. Ces périodiques s'attachent à un public qui varie selon la profession de santé et la discipline d'exercice ; la plupart connaissent des aléas dans leurs ressources qui les font dépendre, au prix de leur liberté, des entreprises publicitaires. Il est intéressant de comparer les difficultés rencontrées par ces revues professionnelles et le nombre important de publications de vulgarisation consacrées au corps et à la santé dont il a déjà été question.

On peut regretter que les chercheurs tiennent à informer d'abord les revues anglo-saxonnes de leurs résultats, de préférence aux publications ou aux institutions françaises. De nombreuses raisons expliquent ces comportements ; les divers organismes publics dévoués à la francophonie ne semblent pas comprendre les conséquences fâcheuses de ces habitudes quant au renom et à la diffusion de la science française. En revanche, un signe encourageant se manifeste dans le grand nombre de dictionnaires médicaux publiés en France, de volumes variés, destinés à des lecteurs non informés ou déjà spécialisés ; cette mode prouve l'attachement des professions à leur langue.

Il est encore trop tôt pour mesurer l'impact réel de l'informatique et de la multiplication des banques de données sur les progrès de la médecine. Certes le lecteur français peut connaître rapidement la dernière innovation scientifique ou technique née à l'autre bout du monde, les bibliographies à la fin des articles savants peuvent s'étoffer à peu de frais et sans grand effort. Si ces échanges d'informations contribuent à l'érudition de chacun, ils n'empêchent pas les doublons dans les publications, et ne renseignent que si la mémoire des ordinateurs a été bien remplie, sans sélections arbitraires liées aux écoles, aux pays ou aux langues. Enfin, ils ne semblent pas contribuer forcément à l'ingéniosité ou à l'imagination des chercheurs, ni à la productivité des équipes.

Toute prévision portant sur l'évolution de la médecine française au XXIe siècle serait aussi problématique que le pronostic en médecine. Certaines tendances apparaissent quant à l'accentuation de son caractère scientifique et rationnel aux dépens de la personnalité du malade, de la bonne connaissance de ses conflits et de ses fantasmes, c'est-à-dire aux dépens de l'adaptation du langage et de la thérapeutique à chaque individu.

On ne peut pas dire comment va évoluer la pratique médicale ni à l'hôpital, ni en clinique privée, ni dans un cabinet de ville. On ne peut prévoir si les dépenses consacrées aux soins vont continuer leur croissance, ni selon quels postes, mais on imagine mal la survie de l'État-providence tel que des décennies opulentes l'ont connu.

En tout cas la médecine française montre ses aptitudes au changement ; elle sait constamment s'adapter aux innovations scientifiques, aux fluctuations de la société et des comportements, aux bouleversements politiques et économiques du monde, pour l'amélioration de la santé des hommes.