La cliochirurgie
Aucune révolution n'a été aussi radicale dans les pratiques chirurgicales que celle de la cliochirurgie, née et perfectionnée en France. Elle est issue des interventions pratiquées à Paris dans les années 1940-1950 par Palmer, qui se limitait à la chirurgie gynécologique. À l'aide d'instruments et d'une optique introduits dans la cavité abdominale par deux petites incisions, on peut faire des prélèvements pour des diagnostics anatomopathologiques, on peut enlever des tissus ou des organes anormaux, corriger des malpositions, suturer des conduits ou des vaisseaux, faire les hémostases nécessaires, etc.
Dans les quinze dernières années cette cliochirurgie a été appliquée en France par différentes équipes, et utilisée pour le colon, les organes biliaires, les résections du nerf pneumogastrique pour ulcère, les atteintes du rein, etc. Un pas de plus a été franchi lorsque l'optique introduite dans la cavité péritonéale ou pleurale a été complétée par la transmission télévisuelle : la vidéochirurgie permet dès lors au chirurgien de contrôler à distance le jeu de ses instruments non pas sous le contrôle direct de la vue, mais par lecture sur écran.
Ces perfectionnements représentent des économies dans la longueur des incisions cutanées, donc dans les risques d'infection et de douleurs postopératoires, et des gains de temps ; ils exigent moins de personnel, avec des anesthésies plus courtes en écartant souvent l'anesthésie générale. On comprend que les malades subissant moins de désagréments limitent d'eux-mêmes la durée de leur hospitalisation : ces interventions ont considérablement raccourci les temps de séjour en établissement de soins. On répand la coutume des opérations pratiquées en l'espace d'une journée, les institutions privées s'étant adaptées à cette « chirurgie de jour » plus rapidement que les hôpitaux publics, entravés par des règles administratives et comptables.