Les traitements chirurgicaux
Tous ces procédés diagnostiques donnent des milliers d'informations non seulement sur la morphologie des organes mais aussi sur leur fonctionnement, et des traitements chirurgicaux directs ont pu être tentés, mettant à profit les nouvelles substances chimiques : la chirurgie n'aurait pas pu évoluer si les antibiotiques et les anticoagulants ne l'avaient pas aidée, si l'industrie chimique n'avait pas su fabriquer des tissus synthétiques bien tolérés par l'organisme, capables de remplacer des segments d'artères, ainsi que des métaux et des ciments pour les prothèses articulaires.
Les années 1950 avaient été illustrées par la réparation chirurgicale des anomalies du cur et des gros vaisseaux à l'aide de courts-circuits palliatifs. Bientôt on osa ouvrir le cur, arrêter ses battements et les rétablir ; l'oxygénation peropératoire du cerveau permet les interventions de longue durée à l'aide d'une circulation extracorporelle. Encore faut-il que la masse sanguine soit maintenue : la transfusion de sang homologue a été largement utilisée. Mais bientôt apparurent ses inconvénients, ne serait-ce que la transmission d'infections surtout virales jusqu'alors inconnues ; aussi préfère-t-on aujourd'hui la récupération peropératoire du sang du sujet, auquel on le restitue, ou, pour les interventions programmées suffisamment à l'avance, l'autotransfusion grâce à des prélèvements préalables.
La chirurgie cardiaque a donc vu ses indications s'élargir. Toutes les malformations congénitales du cur peuvent aujourd'hui être corrigées. Les troubles de la circulation coronaire sont traités par la dilatation des artères, par de nouveaux abouchements et par des prothèses rétablissant la vascularisation du myocarde. Lorsque les valves cardiaques se trouvent rétrécies, déchirées, anormalement flottantes, ou insuffisamment obturantes, une école parisienne s'est fait une spécialité des corrections les plus minutieuses.