Publications et écrit

 Retour à la liste
des auteurs

André Malraux / Cinéma
 

 précédent | suivant 

Ce programme a été élaboré par le Bureau des documents audiovisuels de la Direction de l'action audiovisuelle extérieure, en collaboration avec la Sous-Direction de la Politique du livre et des bibliothèques.

1939 Espoir

82 mn, 35 mm noir et blanc
réalisation :
André Malraux
scénario et dialogues : André Malraux
collaboration : Denis Marion
image : Louis Page, André Thomas, Manuel Berenguer
musique originale : Darius Milhaud
interprètes : José Sempere (le commandant Péna), Julio Pena (Attignies),
Andrès Mejuto (Munoz), José Lado (le paysan)
production : Les Grands Films Classiques
Prix Louis Delluc 1945

André Malraux avait 35 ans lorsqu'il partit, en 1936, combattre dans l'aviation aux côtés des Républicains espagnols. En 1937, il publiait un roman, L'Espoir, où il exaltait leur lutte. En juin 1938, il décidait de réaliser un film sur la guerre civile espagnole pour mobiliser l'opinion publique internationale. Le tournage dans des conditions difficiles dut être définitivement interrompu en janvier 1939, lors de l'entrée des troupes de Franco à Barcelone. Unique film de Malraux, Sierra de Teruel fut interdit par la censure, et prit le titre d'Espoir lors de sa sortie commerciale en 1945.

Le film, tourné avec une équipe réduite mêlant des acteurs catalans à la figuration locale, est une chronique de guerre. Le village de Teruel est le théâtre de dramatiques combats qui opposent républicains et franquistes. Une brigade internationale tente d'apporter son appui avec quelques appareils d'aviation tandis que tous les paysans viennent en aide pour bombarder le camp ennemi. L'opération réussit mais l'un des avions s'écrase dans les montagnes ; des secours sont organisés pour évacuer les morts et les blessés escortés par les villageois vers la vallée. Les images portent la marque du témoignage d'André Malraux : une absence de démonstration là où il s'agit de représenter une cause.

1967 Les Antimémoires improvisées

émission en deux parties de 45 mn, 16 mm noir et blanc
de Roland Darbois, Roger Stéphane
réalisation :
Daniel Creusot, Patrick Poidevin
image : Pierre Willemin, Cyril Sirianen
son : Jean-Pierre Ruh, Bemard Auboy
montage : Ziva Postec
mixage : Michel Ber
production : ORTF
distribution : INA

Roger Stéphane a publié deux livres Le portrait de l'aventurier et Malraux, entretiens et précisions consacrés à l'auteur qu'il avait rencontré l'hiver 44-45 pendant les combats d'Alsace.

Première partie des entretiens
avec Roger Stéphane
André Malraux évoque les « hommes de sa famille », grands écrivains et historiens comme Michelet, Tolstoï, Gorki. Malraux livre des réflexions sur les rapports entre l'action et la réalité humaine à travers sa propre expérience, ses romans, et l'analyse comparative des hommes de l'Histoire comme De Gaulle, Lénine, Mao Tsé Tung. En contrepoint, en prenant le cas de Cézanne, il explique que l'art semble autonome et concerne directement la jeunesse. Enfin, Malraux parle du sentiment de la mort qu'il a aussi évoqué dans ses livres, et anticipe les risques de l'humanité en posant le problème de la machine.

1974 Les métamorphoses du regard, André Malraux

série de 3 films de 52 mn, 16 mm couleur
réalisation :
Clovis Prévost
collaboration : Claude Lenfant
participation : Pierre Dumayet, Walter Langlois
image : Franco Lecca, Jimmy Glasberg
banc-titre : Romano Prada, Jean-Noël Delamarre
son : Hamk Mauly
musique originale : Terry Riley
montage : Graziella Bussi
mixage : Paul Berthault
production : Aimé Maeght, ORTF
distribution : INA

Dans cette série de trois émissions intitulée Les métamorphoses du regard, André Malraux s'interroge sur le sens de l'art, et nous montre que c'est à l'art moderne que l'on doit l'irruption de tous les arts dans le Musée Imaginaire - « l'immense éventail des formes inventées ».

Première partie
Les dieux de la nuit et du soleil
Né avec l'homme, l'art donne forme à ses dieux, à ses désirs, à ses protestations, des premiers signes livrés par la Préhistoire aux formes hiératiques de Byzance dominées par le sacré. Les stylisations des hautes époques se réfèrent au monde de la nuit, de l'éternité et de la mort. Les dieux souriants et aux gestes suspendus de la Grèce appartiennent à un ordre différent libéré du destin créé pour le plaisir, que l'on ne retrouvera qu'avec les gothiques et la Renaissance. L'héritage est métamorphose et réincarnations et nous suggère que « notre plus profonde relation avec l'art est d'ordre métaphysique ».

1976 Journal de voyage avec André Malraux

1980 A la recherche des arts du monde entier

série de 13 films de 52 mn, 16 mm couleur
réalisation :
Jean-Marie Drot
image et caméra : Claude Butteau
animation : Manichak Aurance
montage : Jean-Pierre Segal
production : TFI - SFP
banc-titre : Roland Darnois
son : Jules Dantan
mixage : Joël Faure
distribution : INA

Testament philosophique et artistique de l'écrivain, fresque audiovisuelle dédiée à l'art, cette série marie la mise en images de la pensée esthétique, grâce à un matériel considérable de séquences filmées dans les musées du monde entier, dans les sites archéologiques et autour des plus belles oeuvres architecturales, et un entretien filmé dans sa maison de Verrières-le-Buisson. Des pages essentielles de ses ouvrages (Les Voix du silence 1951, Le Musée Imaginaire de la sculpture mondiale 1952-54, La Métamorphose des dieux 1957, Antimémoires 1967) sont lues, analysées et commentées avec lui.

Émission n°2 (1976) :
L'Irréel - Promenades imaginaires dans Florence

participation : Arturo Carmassi
musique : Monteverdi, Carlo Gesualdo, Olivier Messiaen

Florence symbolise une métamorphose dans l'histoire de l'art : avec les artistes de la Renaissance comme Masaccio, Piero della Francesca, Donatello, la peinture chrétienne renonce à l'humilité pour l'expression de ce que Malraux appelle « le style sévère ». L'art toscan s'inspire de l'art parfait de l'Antiquité ; il n'y a pas de séduction à Florence. Partant toujours des textes de L'Irréel, André Malraux établit un dialogue avec l'artiste Carmassi pour évoquer l'oeuvre de Donatello, précurseur de la sculpture moderne. « Il a trouvé la liberté que Michel-Ange, Le Titien, Goya, découvriront aussi à la fin de leur vie, et qui ne se légitime que par la création. »

Émission n° 5 (1976-1977) :
L'Irréel - Promenades imaginaires en Hollande avec Rembrandt

musique : Penderecki, Borodine, Beethoven

Tourné dans les musées d'Amsterdam et de La Haye, le film transpose la vision de Malraux, « cette lente et patiente plongée dans le monde pictural de Rembrandt dont l'art pour la première fois va toucher à l'âme ». André Malraux évoque les grandes étapes de la vie du peintre, mais il médite essentiellement sur la signification profonde de ses toiles et ses rapports avec la lumière. Ses réflexions soulignent la sensibilité et l'immense culture de Rembrandt qui voulait percer le secret des oeuvres d'art afin d'approfondir sa connaissance de l'homme.

Émission n° 9 (1976-1979)
Promenades imaginaires en Inde

participation : Raja Rao
musiciens : Amar Nath, Tlalish Pawar, Kamal Kant Sharma, Kumali Vijava, Laxmi Mohanty

Pour Malraux, « l'Inde appartient à l'ancien Orient de notre âme ». Ses écrits dans les Antimémoires témoignent à la fois d'une compréhension métaphysique de la spiritualité hindouiste et d'une connaissance extraordinaire des lignes de la sculpture en Inde. En parcourant l'Inde musulmane et Bénarès de sa première rencontre en 1929, les statues de Bouddha « l'extatique aux yeux clos » du Gandhara, de Mathura et de Sarnath, les chefs-d'oeuvre de l'art hindouiste d'Elephanta et d'Ellora, les temples de Madourai... Malraux nous invite à un voyage s'étendant sur des millénaires, des milliers de kilomètres, à l'espace intérieur.

1995 André Malraux ou la « grande vie »

90 mn, vidéo couleur
réalisation :
Alain Ferrari
texte écrit et dit par Daniel Rondeau
participation : Christian Jambet, Roger Stéphane, Mario Vargas Llosa
image : Jean Clave, Jasmin Kremic
son : Olivier Azzano, Alen Alisah
musique originale : Denis Barbier
montage : Yann Kassile
mixage : Vincent Demoltain
production : La Sept-Arte, Fit Production, lNA Entreprise avec la participation du Centre national de la Cinématographie et du ministère des Affaires étrangères
distribution : La Sept-Arte

Daniel Rondeau est écrivain, auteur de romans dont Les tambours du monde, d'essais littéraires dont Les fêtes partagées ; il est également journaliste au Nouvel Observateur et fondateur des Éditions Quai Voltaire.

L'auteur compose un portrait biographique d'André Malraux à travers le récit d'une épopée fascinante illustrée d'images d'archives et d'entretiens. Découvreur de trésors khmers, militant anti-colonialiste, combattant aux côtés des Républicains espagnols, héros de la Résistance puis chantre inspiré du gaullisme et brillant ministre de la Culture, la chronologie de sa vie montre qu'il sut allier la pensée à l'action. André Malraux était encore un puissant romancier récompensé par le prix Goncourt dès 1933 pour La Condition humaine avant de se tourner vers une méditation intemporelle où l'art et la mort tenaient les rôles principaux.