En France, «roman» et «nouvelle» couvrent tout le champ de
la prose de fiction: longue et brève. On a lhabitude de les opposer. Le
roman trône à la place dhonneur. Il est le roi des vitrines, des
prix et des ventes. Il accapare les recherches universitaires. Il est généralement
confondu avec la littérature et ses «universaux». Il est luniversel.
Sur le bas-côté, la nouvelle, considérée comme «genre»,
ne serait que du particulier, et genre «mineur» qui plus est, cest-à-dire
négligeable, et genre «qui ne se vend pas», autant dire de publication
précautionneuse.
Or, loin dêtre négligeables, ces fictions brèves composent
un gisement de littérature particulièrement riche et inventive,
quon connaît souvent mal.