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Victor Hugo et ses contemporains / Hugo / Nerval
 

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La carrière poétique de Nerval débute par un poème intitulé «Les écrivains»1, écrit entre treize et seize ans. Il y affiche une distance radicale par rapport aux affectations poétiques du romantisme noir, ne témoignant aucune complaisance à l’égard de Hugo, qu’il renvoie du côté des classiques.

Il s’en rapproche à partir de 1829, avec un projet de mise en scène de Han d’Islande. Mais le drame, nécessitant de nombreux changements de décors, est inadapté aux exigences scéniques de l’époque et ne sera pas porté à la scène. Néanmoins, Nerval et Hugo commencent alors à se fréquenter, unis par la même volonté de promouvoir le libéralisme en littérature comme en politique. Nerval est en première ligne lors de la bataille d’Hernani, et ses feuilletons dramatiques montrent que sa conception du drame est très proche de celle de Hugo, notamment par le rejet des contraintes de l’unité dramatique. En 1830, Nerval lui dédie un de ses Poèmes politiques, l’engageant à poursuivre son action contre la tyrannie. Le dernier poème des Feuilles d’automne apparaît d’ailleurs comme une réponse à son injonction: «Oh ! La muse se doit aux peuples sans défense. / […] Et j’ajoute à ma lyre une corde d’airain !»

Par la suite, notamment en 1838, auprès de la Société des gens de lettres, Hugo va parrainer Nerval à plusieurs reprises. Et, lorsqu’en 1845, il envoie à Nerval la deuxième édition de son recueil du Rhin, le destinataire, animé par le même goût pour la culture rhénane, répond par un poème intitulé «À Victor Hugo qui m’avait donné son livre du Rhin», dans lequel il fait de lui la figure de son inspiration poétique: «Moi je sais que de vous, douce et sainte habitude, / Me vient l’enthousiasme et l’amour et l’Étude, / Et que mon peu de feu s’allume à vos autels.»

note
1. «Ô grand Hugo, poète et raisonneur habile, / Viens me montrer cet art et grand et difficile, / Par lequel le talent fait admirer aux sots / Des vers, peut-être obscurs, mais riche de grands mots.»