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Victor Hugo / Glossaire
 

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Piéton de Paris

Dans les rues du Paris pré-haussmannien, Hugo marche, regarde, écoute. Il marche, d’abord, sur la rive gauche, qui est le quartier où il vit avec sa mère, où il va à l’école, où habite Adèle Foucher, la petite fiancée. Comme le Marius des Misérables, il hante le Luxembourg. Il connaît mieux que lui les recoins du quartier de l’Observatoire et ceux de la Monnaie, de Saint-Thomas d’Aquin ou de la Sorbonne. Après 1830, lorsqu’il passe définitivement sur la rive droite, il arpente, surtout le soir, les grands boulevards. Il rate rarement le spectacle d’une émeute. Plus tard, même au temps des omnibus il reste un piéton de Paris. C’est le temps où il retrouve, avec Georges et Jeanne, ses petits-enfants, le jardin des Plantes qu’il avait connu au temps des Geoffroy Saint-Hilaire, père et fils ; le temps aussi de quartiers plus périphériques, Auteuil, qui n’est pas dans Paris, Montmartre, où il retrouve Blanche, l’avenue d’Eylau à laquelle on donne son nom. Il se déplace beaucoup à pied. Le piéton de Paris doit trop souvent se contenter, alors, de constater les dégâts. Les maisons où il a vécu ont disparu ou ont été défigurées.
p.s. : La maison de l’avenue Victor-Hugo, où il est mort, a été détruite. La mémoire ne résiste pas à la spéculation immobilière qui, elle, ne connaît pas de frontières. À Jersey, Marine Terrace, qui avait été défigurée, a disparu après la dernière guerre. Restent plus ou moins les deux océans, l’Atlantique et la Ville.