Musique
À ceux qui professent, sur la foi dun propos dont rien ne garantit
lauthenticité et qui pourrait avoir été une boutade,
que Victor Hugo détestait la musique, il pourrait être utile de
signaler que pour lui, qui admire la culture allemande, «le grand allemand,
cest Beethoven». On dit quil va peu au concert, sans savoir
ce que «peu» signifie pour un écrivain du dix-neuvième
siècle. Avec qui compare-t-on ? On oublie que Hugo soutient Berlioz et
quil a reconnu le génie de Chopin.
On a été jusquà prétendre,
pour lui en faire grief, que Hugo était un des seuls bourgeois qui navait
pas de piano chez lui. Ceux qui reprennent cette affirmation péremptoire
ne doivent pas savoir que Léopoldine et Adèle ont pris des leçons
avec dexcellents professeurs, et que Liszt a joué à plusieurs
reprises des sonates de Beethoven, et probablement ses propres compositions
sur un instrument de Cluesman, un facteur autrichien installé à
Paris, livré rue Jean-Goujon le 2 mars 1832. Il y eut un piano de location
dans les maisons de Jersey et de Guernesey.