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Victor Hugo / Glossaire
 

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Langue

Il sait assez de latin pour impressionner ses fils, du moins au début.
Il a appris l’espagnol à Madrid, et il est fier de pouvoir le lire et même l’écrire. La chanson de Dea, dans L’Homme qui rit, n’est pas en anglais, bien que ce soit vraisemblablement sa langue, mais l’espagnol. Hugo, en effet, résiste à l’anglais, comme il a résisté à l’Angleterre. Il en apprend des bribes par ci par là, emploie quelques formules dans ses lettres, toujours les mêmes, en adoptant parfois une transcription phonétique cocasse. Sa résistance à la langue d’un pays dans lequel il a vécu près de vingt ans n’a rien de rationnel. Seuls les bonapartistes sont atteints de cette anglophobie viscérale.
Pour le français, il n’est pas dogmatique. Il ne répugne pas à mixer, à bon escient, les niveaux de langage. Il connaît des distinctions esthétiques, mots nobles et bas, des distinctions sociales, l’argot, la langue du peuple et celle des salons. Il tend à croire que les discriminations linguistiques sont toutes sociales. Il voudrait que les enfants de Guernesey apprennent à parler. Pour sa part, il s’est forgé sa langue et engrange des mots. La langue de Victor Hugo est prodigieusement riche.