Publications et écrit

 Retour à la liste
des auteurs

Victor Hugo / Victor-Hugo-hélas
 

 précédent | suivant 

Ce n’est pas une sottise d’André Gide, mais une grosse perfidie de ceux qui le citent ou croient le citer.
En 1902, la revue L’Ermitage posa une question à deux cents poètes : «Quel est votre poète ?» On leur demandait d’exclure les vivants, c’est-à-dire les «survivants» du dix-neuvième siècle. On venait de donner le prix Nobel de littérature, le premier, à Sully-Prudhomme !
La réponse de Gide, «Victor Hugo, hélas !» est, dans ce contexte, surprenante. Dans la liste des possibles, Baudelaire, Verlaine, Vigny, Rimbaud même, il avait choisi pour son poète Victor Hugo !
Gide a parlé des «outrances» de Victor Hugo, de ses «scories», mais il a aussi reconnu, dans sa préface à l’Anthologie de la poésie française qu’il a publiée dans la Bibliothèque de la Pléiade, que ses «réticences d’antan» lui paraissaient «un peu niaises» :
Hugo est le plus grand assembleur d’images, manieur de sonorités et de rythmes, d’évocations et de symboles, le plus sûr maître de notre syntaxe et des formes de notre langue que la littérature française ait connu.
De grâce, citez aussi ce texte-là. Peut-être alors comprendrez-vous mieux le sens de votre citation rituelle. Peut-être même renoncerez-vous à en faire une scie.