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Victor Hugo / Instruction
 

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Hugo a hérité de son père une foi indestructible dans les bienfaits de l’instruction. L’université napoléonienne ne pouvait égaliser les chances, mais avec l’uniformisation des cursus et même des programmes, et quelques considérations tirées de l’Émile de Jean-Jacques Rousseau, mettant en avant les qualités naturelles de l’enfant, on pouvait espérer que les classes moins favorisées profiteraient, dans le long terme, des bienfaits de la connaissance. Le système impérial resta, malgré les soubresauts politique, le principal point de repère. Sous la Restauration, il y eut un ministère de l’Instruction publique.
Instruction, et non éducation. Dans un état laïque, la religion est l’affaire de la famille. Mais la morale ? Il n’y a pas, dit l’église catholique, de morale laïque.
Pour Hugo, au début des années 30, la liberté de l’enseignement est une des composantes de la liberté. Il soutient Montalembert et Lacordaire, qui militent pour le droit d’ouvrir des écoles sans contrôle gouvernemental. Mais il comprend assez vite que cette liberté cesse d’en être une lorsque ceux qui en bénéficient cherchent à remplacer le monopole universitaire par un monopole religieux qui ne peut que conduire à l’affaiblissement progressif de la liberté de conscience. Hugo se trouve donc engagé, sous la deuxième république, dans une lutte extrêmement violente contre ses anciens amis catholiques, à l’occasion, en 1850, de la loi dite «loi Falloux». Après l’exil, l’engagement de Victor Hugo contre le prosélytisme catholique comporta des prises de position sur des questions capitales, comme l’enseignement des filles, les écoles normales et l’accès aux diplômes universitaires. L’enseignement primaire gratuit et obligatoire fut un des résultats de cet engagement de Victor Hugo aux côtés des grands réformateurs qui, de Guizot à Jules Ferry, luttèrent pour que l’instruction fût reconnue comme un droit des enfants et un devoir de l’État.