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Julien Gracq / Chronologie
 

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  • 1910: le 27 juillet, Louis Poirier naît à Saint-Florent-le-Vieil. Les deux branches de la famille sont originaires du Val de Loire et des Mauges. Le père voyage pour le compte de l’affaire de famille, une mercerie en gros.

  • 1916: enfance heureuse dans une famille épargnée par la guerre: lecture précoce, école, jeux dans l’île Batailleuse, vacances à Pornichet.

  • 1921: entre en sixième au lycée Clemenceau de Nantes, pour une vie de pensionnaire qui se prolongera en khâgne et à l’École normale supérieure, jusqu’en 1935. Le sevrage affectif, dont l’ébranlement sera profond, est compensé par de brillants succès scolaires.

  • 1928: élève d’Alain au lycée Henri-IV. Il découvre Paris, le cinéma, l’art moderne.

  • 1929: une représentation de Parsifal lui révèle Wagner.

  • 1930: reçu à l’École normale supérieure, il choisit d’étudier la géographie avec Emmanuel de Martonne, tout en passant un diplôme de sciences politiques. Il lit Nadja et le Manifeste du surréalisme.

  • 1936: premier poste comme professeur agrégé d’histoire au lycée de Nantes. Il adhère au Pcf, anime la section Cgt de son lycée à Quimper (1937-1939).

  • 1937: il écrit Au château d’Argol.

  • 1938: Julien Gracq a trouvé son nom et son éditeur: après le refus de Gallimard, Au château d’Argol paraît chez José Corti, proche des surréalistes.

  • 1939: André Breton lui adresse une lettre galvanisante, peut-être décisive. Les deux hommes se rencontrent à Nantes. À l’annonce du pacte germano-soviétique, Gracq renvoie sa carte du parti.

  • 1940: le régiment de Gracq est surpris par l’offensive allemande dans les Flandres. Gracq est fait prisonnier, interné en Silésie jusqu’en février 1941, puis rapatrié pour raisons sanitaires.

  • 1941-1945: Gracq est professeur de lycée, puis assistant de géographie à l’université de Caen. Il écrit Un beau ténébreux, Le Roi pêcheur et les poèmes de Liberté grande; ces livres paraîtront après la guerre.

  • 1946: il quitte l’université; en 1947, il est nommé professeur d’histoire-géographie au lycée Claude-Bernard à Paris, poste qu’il occupera jusqu’à sa retraite, en 1970. Sa vie se partage désormais entre Paris et Saint-Florent, travail et vacances, enseignement et écriture, qui forment deux versants peu accidentés. Il écrit son essai André Breton, commence Le Rivage des Syrtes.

  • 1949: Le Roi pêcheur est joué au Théâtre Montparnasse et éreinté par la critique, avec laquelle Gracq règle ses comptes en écrivant La Littérature à l’estomac.

  • 1951: Le Rivage des Syrtes obtient le prix Goncourt, que Gracq refuse, comme il l’avait annoncé.

  • 1953: il entreprend la rédaction d’un roman qu’il n’achèvera pas; dix ans plus tard il en publiera un fragment, «La Route».

  • 1955: il commence à rédiger des cahiers: impressions de voyages et de lectures, fragments personnels, textes sans suite. C’est de ce fonds qu’il tirera ses livres-recueils, à partir de Lettrines.

  • 1958: parution d’Un balcon en forêt; Gracq y transpose dans les Ardennes son expérience de la «drôle de guerre».

  • 1961: Gracq recueille dans Préférences des essais critiques écrits depuis 1946.

  • 1967: parution de Lettrines. Adaptation d’Un beau ténébreux pour la télévision, par Jean-Christophe Averty.

  • 1970: dernier livre de fiction, La Presqu’île recueille «La Route», «Le Roi Cophetua» et une longue nouvelle qui donne son titre à l’ouvrage. Gracq prend sa retraite, et passe l’été comme professeur invité à l’université de Madison, dans le Wisconsin.

  • 1971: André Delvaux adapte Le Roi Cophetua pour le cinéma, sous le titre Rendez-vous à Bray.

  • 1974: publication de Lettrines II, qui reprend des notes rédigées depuis 1965. Un fragment détaché de cet ensemble deviendra Les Eaux étroites, paru en 1976.

  • 1978: adaptation cinématographique d’Un balcon en forêt, par Michel Mitrani.

  • 1980: la parution de En lisant en écrivant est saluée par la presse, qui semble croire qu’elle redécouvre un auteur oublié.

  • 1985: parution de La Forme d’une ville, contribution majeure de Gracq à la géographie sociale, et autobiographie en creux.

  • 1988: parution du livre sur Rome, Autour des sept collines.

  • 1989: début de la publication des Œuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade; le second volume paraîtra en 1995.

  • 1992: parution des Carnets du grand chemin, qui reprennent le fil des Lettrines.

  • 1999: Julien Gracq vit à Saint-Florent-le-Vieil.