| 21 septembre 1928 |
Naissance à Bézaudin, sur les hauteurs de Sainte-Marie, dans l’île de la Martinique. Édouard Glissant est le fils d’un
économe-géreur (chargé d’organiser le travaildes ouvriers et coupeurs de cannes). Sa mère élève ses cinq enfants (trois filles et deux garçons).
Édouard Glissant vient de naître lorsqu’elle descend s’installer au Lamentin, important centre économique tout près de Fort-de-France. Il fréquente
l’école primaire du Lamentin. |
| 1938 |
Ayant réussi le concours des bourses, il entre au lycée Schoelcher de Fort-de-France. Aimé Césaire, à son retouren Martinique, y devient
professeur et il révèle à ses élèves la modernité poétique. |
| 1943 |
Fonde au Lamentin, avec des camarades de lycée, le groupe de discussion Franc-Jeu,qui publie une revue ronéotée où paraissent ses premiers poèmes.
Se démarquant discrètement de l’idéologie de la négritude, le groupe entend mettre l’accent sur la sp écificité de la Martinique. Le roman
La Lézarde évoquera certains aspects de la vie du groupe. Il acquiert une solide culture philosophique et littéraire.
Fait la connaissance du jeune poète haïtien René Depestre et du peintre cubain Wilfredo Lam.
«De 1940 à 1945, j’ai fait partie de cette jeunesse militante, aux idées bouillonnantes, saturée de politique, de poésie, de littérature»
Entrevue avec Jean Bouvier («Je ne suis pas un romancier mais un poète», nous dit Édouard Glissant prix Renaudot 1958), Les Nouvelles littéraires, nº 1631,
4 décembre 1958, p. 9. |
| 1946 |
Grâce à une bourse, il quitte la Martinique pour la France où il s’inscrit en Sorbonnepour suivre des études de philosophie. Bien que
l’adaptation soit évidemment difficile, il réussit très vite à publier des poèmes en revue (Les Temps modernes; Le Mercure de France). |
| 1951 |
Obtient la licence de philosophie. |
| 1953 |
Soutient un diplôme d’études supérieures de philosophie, sous la direction de Jean Wahl: Découverte et conception du monde dans
la poésie contemporaine (en s’appuyant sur les œuvresde Reverdy, Césaire, Char et Claudel). Il a parallèlement mené des études d’ethnologie,
en particulier au Musée de l’Homme.
Parution de son premier recueil de poèmes, Un champ d’îles, tiré à 555 exemplaires. |
| 1953-1954 |
Rencontre avec Jacques Chartier, Roger Giroux, Jean Laude, Paul Mayer, Jean Paris, Maurice Roche et Kateb Yacine. |
| 1954 |
Publication dans Les Lettres nouvelles d’un compte rendu du Hamlet de Jean Paris.C’est le début d’une longue collaboration avec
la revue de Maurice Nadeau,dont il rejoindra le comité directeur en 1956. |
| 1955 |
Publication d’un nouveau recueil poétique: La Terre inquiète. |
| 1956 |
Publication la même année de l’essai Soleil de la conscience et du poème Les Indes.
Participe, comme délégué de la Martinique, avec Louis Achille, Aimé Césaire et Frantz Fanon,au Premier Congrès international des écrivains et artistes
noirs, qui se tientà la Sorbonne. Il est membre du comité exécutif de la Société africaine de culture. |
| 1958 |
La Lézarde est couronné par le prix Théophraste-Renaudot. Le roman reçoit un notable succès critique. Il figure parmi les meilleures
ventes de l’année et est vite traduit (anglais, allemand, puis bulgare, slovaque, esp agnol, etc.). |
| 1959 |
Participe au Deuxième Congrès des écrivains et artistes noirs (Rome, 26 mars – 1er avril). Il y prépare
la motion sur la littérature. |
| 1960 |
Publication du recueil poétique Le Sel noir. Il est signataire de la Déclaration sur le droit à l’insoumission
dans la guerre d’Algérie (dit «Manifeste des 121»). |
| 1961 |
Publication de la première version de la pièce Monsieur Toussaint et du recueil poétique Le Sang rivé.
Fonde avec son ami Albert Béville (l’écrivain Paul Niger), Marcel Manville et Cosnay Marie-Joseph le Front des Antillais et Guyanais pour l’autonomie, dit
aussi «Front antillo-guyanais». Après le premier (et unique) congrès de l’organisation, celle-ci est dissoute le 22 juillet par un décret signé
du général de Gaulle. Glissant se voit «expulsé de [son] pays»: «Séjournant à la Guadeloupe qui est mon pays au même titre que la
Martinique dont je suis originaire, je me suis vu appréhender par les gendarmes, gardé à vue dans une caserne de CRS et expulsé de l’île le soir
même». Lettre publiée dans le courrier des lecteurs, France-Observateur, nº 594, 21 septembre 1961, p. 14. |
| 1962 |
Décès d’Albert Béville dans une catastrophe aérienne. Édouard Glissant lui dédicacera Le Quatrième Siècle. |
| 1964 |
Le Quatrième Siècle obtient le prix Charles-Veillon, fondé à Lausanne pour distinguer chaque année le meilleur roman de
langue française. |
| 1965 |
En même temps qu’il rassemble un recueil collectif de ses Poèmes (regroupant Un champ d’îles,
La Terre inquiète, Les Indes), Glissant préface et annote une édition des Mémoires de M. d’Artagnan. Il établit aussi
un Dictionnaire des auteurs français (ouvrage non signé). Il retourne s’installer en Martinique. |
| 1967 |
Il fonde un établissement d’enseignement et de recherche, l’Institut martiniquais d’études. |
| 1969 |
Publication de L’Intention poétique. |
| 1971 |
Fonde Acoma, «revue de littérature, de sciences humaines et politiques», éditée par François Masp ero. En principe
trimestrielle, la revue a duré jusqu’au numéro 4/5 du mois d’avril 1973. Sur la page de couverture figure cette citation extraite de l’Histoire naturelle des
Antilles (1667-1671) du père Du Tertre: «L’acoma franc est un des plus gros et des plus hauts arbres du pays. (…) On remarque fort longtemps après estre coupé,
le cœur en est aussi sain, humide et plein de sève, que si on venait de le mettrepar terre.» |
| 1975 |
Malemort. |
| 1977 |
Création de Monsieur Toussaint au Théâtre de la Cité universitaire (Paris) par la compagnie du Théâtre Noir. |
| 1979 |
Publication des poèmes de Boises: histoire naturelle d’une aridité. |
| 1981 |
Publication simultanée de La Case du commandeur et du recueil d’essais Le Discours antillais.
Le Discours antillais est soutenu devant l’université Paris-1 pour l’obtention du gradede docteur d’État. Le jury était composé de Jacques Berque,
Jean-Pierre Faye, Jean Laude, Jean Paris et Bernard Teyssèdre. |
| 1984 |
Devient directeur du Courrier de l’Unesco, poste qu’il occupera jusqu’en 1988. |
| 1985 |
Publication du recueil poétique Pays rêvé, pays réel. |
| 1987 |
Mahagony. |
| 1989 |
Docteur honoris causa de l’université York (Toronto). Son discours de réception est publié l’année suivante. Il est nommé
Distinguished University Professor de l’université d’État de Louisiane. |
| 1990 |
Publication de Poétique de la Relation. Colloque «Horizons d’Édouard Glissant», organisé conjointement par les universités
de Pau et de Porto, et tenu à Porto du 24 au 27 octobre. |
| 1991 |
Fastes. |
| 1992 |
Prix Puterbaugh et Colloque international à Norman (Oklahoma). |
| 1993 |
Tout-Monde. 1993 Docteur honoris causa de l’université des West Indies (Trinité et Tobago). Président honoraire du Parlement international
des écrivains. |
| 1995 |
Distinguished Professor of French au Graduate Center de l’université Cuny de New York. 18 mai: colloque «Du pays au Tout-Monde, écritures
d’Édouard Glissant», université de Parme. |
| 1996 |
Faulkner, Mississippi. Introduction à une poétique du Divers, qui réunit quatre conférences prononcées au Québec. |
| 1997 |
Traité du Tout-Monde. |
| 1998 |
11-13 mars: colloque international «Poétiques d’Édouard Glissant» à l’université Paris-Sorbonne. Professeur honoraire
de l’université de Saint-Domingue. |
| 1999 |
Sartorius: le roman des Batoutos. |
| 2000 |
Le Monde incréé. Le volume est défini comme «poétrie», soit «poème et conte et palabre ensemble, où
s’encontrent les paysages, où les histoires se raccordent, s’entresouchent les langages. Vous la prolongez ou vous la changez sans fin. Vous la datez à votre manière. Les
poétries, quels qu’en soient la circonstance et l’auteur, se répondent». |
| 2002 |
Prix Édouard-Glissant décerné à l’université Paris 8. |
| 2003 |
Ormerod. |
| 2004 |
Docteur honoris causa de l’université de Bologne. |
| 2005 |
Colloque international «Pour une poétique de la Relation», à Carthage. Université de Tunis.
La Cohée du Lamentin. |