Publications et écrit

 Retour à la liste
des auteurs

André Gide / L'engagement
 

 précédent | suivant 

8.1 L'engagement

Les Nouvelles Nourritures Mon bonheur est d'augmenter celui des autres. J'ai besoin du bonheur de tous pour être heureux.

Longtemps, malgré ses préoccupations de citoyen, Gide a laissé les affaires politiques à de plus compétents que lui 1. Longtemps, il est resté fidèle à cette pensée du Journal: "Questions économiques et sociales n'ont pas à souiller même la frange de la robe des Muses 2." Longtemps il a pensé que l'œuvre qui prend sa respiration dans l'air du temps n'a pas à sortir des tiroirs. Ainsi le Journal du Foyer franco-belge 3 - qu'il a tenu pendant la Première Guerre mondiale et qui rend compte de son aide humanitaire aux réfugiés - ne fut pas publié de son vivant.

Mais, s'il se trouve seul à pouvoir parler, Gide se sent dans l'obligation de le faire 4. En 1924, il publie Corydon, courageuse défense de l'homosexualité. Et en juin 1927, son Voyage au Congo paraît, assorti en octobre de la publication de "La Détresse de notre Afrique-Équatoriale", dans La Revue de Paris. Non seulement il dénonce l'exploitation des Africains par les compagnies concessionnaires, mais il vise la disparition de ces dernières. Il obtient du ministre des Colonies de l'époque, Léon Perrier, que le régime des grandes concessions, établi en 1899, ne se poursuive pas au-delà de 1929, date de son expiration, ce qui permet de délivrer 120000 indigènes de l'esclavage. Même si la lutte de Gide n'est pas entièrement victorieuse puisque la promesse ministérielle ne concernait pas des compagnies comme La Forestière, dont le bail s'achevait en 1935, elle a le mérite de dénoncer la puissance de ces sociétés organisées pour le profit d'une poignée d'actionnaires et de mettre l'accent sur la responsabilité des chefs parisiens 5.

Homme de progrès, Gide espère des changements dans tous les domaines, dans la sphère publique comme dans la sphère privée. Celui qui défend le droit à la différence est à même d'envisager l'Ève future. En créant Geneviève - personnage emblématique de la trilogie L'École des femmes, Robert et Geneviève (1929-1936) -, en donnant voix à une femme de la trempe d'Annick Raimbert ou d'Annette Rivière, à une femme sans chaînes, Gide réhabilite Mélanie Bastian, la "séquestrée de Poitiers" 6, qui, pour avoir aimé et enfanté en dehors du mariage, avait été condamnée par sa mère à la claustration à perpétuité. Quand l'indignation ne suffit plus - "C'est un drame effroyable, un drame de préjugés, de respectabilité, de vertu exaspérée, une vertu basée sur la convention hideuse" 7 -, la révolte devient nécessaire.

1. Notamment à son oncle Charles Gide. Voir Martine Sagaert, "André Gide et l'Algérie", Question coloniale et Écriture. Les Carnets de l'exotisme, n° 14, 2e semestre 1994, p. 9-20.
2. Journal (1926-1950), t. II, p. 605.
3. La dactylographie se trouve à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet. Voir l'édition de Pierre Masson, BAAG, n° 134, avril 2002, p. 137-160 et aussi "Autour du Foyer franco-belge", BAAG, n° 105, janvier 1995, p. 9-25.
4. Correspondance Gide-Schlumberger, p. 863.
5. Voir la "Notice" de Daniel Durosay, Souvenirs et voyages, p. 1204-1211.
6. Du 13 au 25 mai 1912, Gide avait siégé comme juré à Rouen et il avait rapporté son expérience dans Souvenirs de la cour d'assises. En 1930, il fonde une collection intitulée "Ne jugez pas" et exposera plusieurs affaires judiciaires déconcertantes comme L'Affaire Redureau et La Séquestrée de Poitiers.
7. Ne jugez pas, Gallimard, rééd. 1969, p. 203.

8.2 L'engagement

De la révolte individuelle, contre les faux monnayages et les oppressions, à la révolution, il n'est qu'un pas, que Gide franchit dans les années trente. Il ne s'en tient plus aux constats qu'il faisait une vingtaine d'années auparavant lorsqu'il fréquentait des amis pauvres comme Jules Iehl, Henri Ghéon, Charles Chanvin ou Charles-Louis Philippe. Il adhère à des solutions actives. Il s'engage. Bien qu'appartenant par sa naissance au camp des portefeuilles 8, il condamne "les privilèges, les favoritismes des héritages" 9 et sympathise avec le camp des porte-monnaie vides, avec la classe des travailleurs. Il souhaite que soit éradiqué le capitalisme et que s'implante le communisme.

Il participe à l'élan euphorique qui porte l'avant-garde intellectuelle à croire qu'"il y a à Moscou des fleurs et de la joie" 10. Dès 1932, il prend nettement position pour la Russie soviétique - à la fois en rédigeant ses Pages de Journal (1929-1932) 11 et en menant un certain nombre d'actions publiques -, mais il refuse d'écrire "par ordre" et de parler "d'après les principes d'une charte" 12. Il ne s'inscrira donc pas au parti communiste et il n'adhérera pas à l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires, fondée par Louis Aragon, Léon Moussinac et Paul Vaillant-Couturier, sous les auspices du parti communiste et de l'Union internationale des écrivains soviétiques. Et c'est à titre individuel - mais il est une figure de proue de la littérature française, et ils sont nombreux à vouloir rallier son nom à la cause - qu'à plusieurs reprises il présidera des réunions organisées par cette association et qu'il figurera au comité directeur de Commune, la revue qui s'y rattache.

Son antifascisme est une composante essentielle de son militantisme. Il soutient le "Comité de vigilance" antifasciste, créé par la NRF en 1934, et il souscrit au mouvement contre la guerre et contre le fascisme - il avait signé l'Appel inaugural lancé le 4 juin 1932 par Romain Rolland et Henri Barbusse - connu sous le nom de Comité Amsterdam-Pleyel, mouvement diligenté par l'ancien Kominternien Octave Rabaté, sous la houlette de Willi Münzenberg, mouvement qui, sous couvert de défendre la paix, défend l'Union soviétique.

8. Correspondance Gide-Martin du Gard, t. I, p. 608.
9. Journal, t. II, p. 445.
10. Voir Philippe Berthier, Pierre Herbart. Morale et style de la désinvolture, Centre d'études gidiennes, 1998, p. 63.
11. Elles seront suivies des Pages de Journal (1932-1935).
12. Voir Littérature engagée, Gallimard, 1950, p. 18-19.

" Feuillets ", Pages de Journal 1929-1932
Ce que j'admire en URSS, c'est l'égalité de départ, des chances égales - et l'abolition de cette abominable formule : " Tu gagneras MON pain à la sueur de TON front."

8.3 L'engagement

Les Nouvelles Nourritures
Camarade, ne crois à rien ; n'accepte rien sans preuve. [...] C'est au nom de la foi que l'on meurt ; et c'est au nom de la foi que l'on tue.

Avec Malraux, qui comme lui représente le Comité Dimitrov, Gide se rend à Berlin le 4 janvier 1934, pour intervenir auprès de Goebbels en faveur de Dimitrov, de Tanev et de Popov, communistes bulgares accusés par Hitler d'avoir été les instigateurs de l'incendie du Reichstag. Dimitrov, qui s'était trouvé au centre d'une campagne communiste mondiale lancée par Willi Münzenberg, est sorti grand vainqueur du procès de Leipzig. Et au meeting organisé par le Comité Thaelman, le 23 décembre 1935, à Paris, salle Wagram, dans son discours intitulé "Deux ans après le procès de Leipzig" 13, Gide rendra une nouvelle fois hommage à l'homme que Staline érige en figure emblématique de sa nouvelle politique et désigne comme secrétaire général de l'Internationale.

C'est surtout en acceptant de présider le Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, qui se tient à la Mutualité du 21 au 25 juin 1935, que Gide contribue au succès de l'Internationale communiste 14. Mais, le 25 juin, au cours de la dernière séance du congrès, Magdeleine Paz réussit, malgré les tentatives d'obstruction des écrivains soviétiques, à soulever le cas de Victor Serge 15 et à réclamer sa libération. Gide sur le moment ne dit rien, mais, le 1er juillet, il s'entremet auprès de l'ambassadeur d'URSS. Finalement, suite à son intervention et à celle de Romain Rolland, Victor Serge obtiendra l'autorisation de quitter le territoire soviétique.

On ne sait si cette affaire a ébranlé ses convictions. Ce qui est certain, c'est que Gide est "moins assuré dans son communisme qu'on le croit et qu'on veut le faire croire dans les milieux militants" 16. En dépit des apparences que prend son engagement quotidien, il aime à convoquer les parties adverses, instaurer le débat et réfléchir.

13. Littérature engagée, Gallimard, 1950, p. 113.
14. Ce congrès, supervisé par Staline et diligenté par Willi Münzenberg et Ilya Ehrenbourg, rassemble trente-huit pays, représentés par deux cent trente délégués. Aux côtés de Gide et de Malraux, il y a notamment Louis Aragon, Henri Barbusse, Romain Rolland, Paul Nizan, Paul Vaillant-Couturier, Louis Guilloux et Jean Giono, ainsi que les écrivains les plus prestigieux de la scène internationale comme Aldous Huxley, Robert Musil ou Bertold Brecht. Isaac Babel et Boris Pasternak avaient été dépêchés par Staline pour compenser l'absence orchestrée de Gorki.
15. Écrivain belge, d'expression française, Vladimir Kibaltchich, dit Victor Serge, séduit par la révolution bolchevique, s'était établi à Moscou. Mais, en 1928, en demandant un passeport pour la France, il s'était rendu suspect. En 1933, accusé de faire partie de l'"opposition de gauche" - il était trotskiste -, il avait été envoyé à Orenbourg, dans l'Oural, où il était détenu.
16. Roger Martin du Gard, Journal 1919-1936, éd. Claude Sicard, Gallimard, 1993, t. II, p. 1077.

8.4 L'engagement

Même s'il sent chaque jour davantage son incompétence politique 17, même s'il a conscience d'être manœuvré, ce compagnon de route au parcours peu orthodoxe, qui est passé de l'Évangile au marxisme 18, pense qu'il est possible d'accorder individualisme et communisme 19 et veut poursuivre la partie jusqu'au bout, jusqu'en URSS.

Invité officiellement, il choisit ses camarades: Eugène Dabit, Louis Guilloux, Jef Last, Pierre Herbart (accompagné pour un temps de sa femme Élisabeth) et Jacques Schiffrin. Le 16 juin 1936, Gide part de l'aéroport du Bourget avec Pierre Herbart, qui est revenu à Paris le chercher, et, le 17 juin, tous deux s'envolent de Berlin pour Moscou. Dabit, Guilloux, Last et Schiffrin, partis de Londres à bord d'un bateau soviétique, le Cooperatzia, les rejoindront début juillet.

Dès son arrivée, Gide est pris en charge par Mikhaïl Koltsov, député du Soviet suprême, et correspondant à Paris pour La Pravda. Et le 20 juin, lors des funérailles de Gorki, il est sur la place Rouge et prononce son oraison funèbre, après Viatcheslav Molotov, Nicolas Boulganine (les acolytes de Staline) et Alexis Tolstoï (le nouveau patriarche de la littérature soviétique).

En neuf semaines, en Lincoln, en wagon spécial ou en bateau, il fait un périple classique, qui comprend Moscou, Leningrad, le Caucase et la mer Noire. Il visite des kolkhozes, des usines, des sanatoriums, un pénitencier, des camps de pionniers, des crèches et des universités, des parcs de culture et des musées. Il va au théâtre, au cinéma, à l'opéra. Et il s'entretient avec des écrivains. À Moscou, il revoit l'"exquis" Boris Pasternak et Isaac Babel; à Sotchi, il rend visite à Nicolas Ostrovski.

17. Journal (1926-1950), t. II, p. 355.
18. Ibid., p. 421.
19. Ibid., p. 425. "Les mots [...] individualisme et communisme [...] (dans ce lexique que je me suis fait pour mon usage tout personnel, [...] ces mots n'ont que le sens que je leur prête. C'est bien là ce qui me permet d'accorder individualisme et communisme; et lorsque j'écris que je ne reconnais point pour essentiellement inconciliables un communisme "bien compris" et un individualisme "bien compris", j'entends: tels que je les comprends moi-même. Il faut donc que j'explique comment je les comprends. Il est certain que je ne vois point un communisme égalitaire, ou du moins que je ne vois l'égalité de conditions que pour le départ; qu'il n'impliquerait pour chacun que des chances égales, mais nullement une uniformité des qualités, une uniformisation - que j'estime à la fois impossible et fort peu souhaitable, aussi bien pour l'individu que pour la masse."

Journal, 8 décembre 1944
Tout ce qui n'est pas " conforme " est gênant. Je crois à la vertu des vérités qui gênent.

8.5 L'engagement

Journal, 15 janvier 1945
Sous quelque forme et quelque couleur qu'il se présente, ou noire, ou brune, ou rouge, ou blanche, nazie, fasciste, communiste ou catholique, le " totalitarisme ", c'est l'ennemi.

À chaque étape, il est reçu luxueusement - au Métropole, il a une suite de six chambres; à Soukhoum, il dort dans la chambre de Staline - et partout il est acclamé, "happé, hissé sur les épaules [...], couvert de gerbes de fleurs" 20. Il est photographié sans relâche, sa voix tonitrue dans les haut-parleurs et il fait la une des journaux. En retour, les autorités soviétiques attendent qu'il prononce force discours à la gloire du régime et, comme prévu, il s'acquitte de sa tâche: déclarations aux gymnastes de Moscou, aux étudiants de Moscou, aux gens de lettres de Leningrad, aux pionniers de Leningrad...

Le 25 août 1936, jour où avec Herbart et Last il regagne Paris - Guilloux et Schiffrin les avaient quittés à Tiflis, et Eugène Dabit mourut le 21 août dans un hôpital de Sébastopol -, il adresse un télégramme d'adieu au "pays du socialisme victorieux". Mais de retour en France, il n'a pas l'intention d'emboucher "la trompette-Barbusse" 21. Il veut témoigner honnêtement. Et, malgré les différentes pressions qu'il subit, celle d'Ilya Ehrenbourg d'abord, celle d'Aragon ensuite, celle de ses amis enfin, Jef Last, Bernard Groethuysen et même Pierre Herbart, qui tous mettent en avant le caractère inopportun d'une telle publication, il n'ajourne pas la sortie de son livre, qui est en librairie le 13 novembre.

Dans ses Carnets d'URSS, des mentions lapidaires comme "De l'excellent et du pire" 22 donnaient déjà le ton de Retour de l'URSS. Gide avait sympathisé avec les Russes, avec les prolétaires et les pionniers, il avait aimé Leningrad et ses musées, il avait admiré "les prodigieux parcs de culture". Mais "l'extraordinaire élan vers l'instruction" 23 ne pouvait lui faire oublier ce qu'il avait vu: la pénurie, les inégalités, l'embrigadement et l'aliénation, la tyrannie et la peur. Dans cet ouvrage, qui relève plus de l'intuition clairvoyante que de la rigueur démonstrative, il ruine le mythe soviétique et condamne le régime de Staline. Loin d'opposer, comme par le passé, communisme et fascisme, il les associe et les considère comme deux exemples d'une même logique totalitaire.

Le livre fait "l'effet d'une bombe qui éclate" 24. La presse de droite, non sans ironie, se réjouit. Les communistes orthodoxes accusent son auteur de haute trahison et de partialité. Toutefois, à la dénégation des staliniens s'oppose l'approbation de la gauche non communiste et trotskiste. Mais les propos enthousiastes voisinent quelquefois avec des critiques concernant le côté superficiel de certaines analyses, notamment en matière économique 25.

En juin 1937, tandis que la terreur est croissante en URSS, Gide publie un deuxième ouvrage, dans lequel il répond aux "critiques de bonne foi" 26 et qu'il intitule Retouches à mon Retour de l'URSS 27. Force documents nouveaux à l'appui - il appelle en renfort Walter Citrine, Mercier, Yvon 28, Kléber Legay, Victor Serge, Rudolf et même Trotski -, Gide étaye sa démonstration. "Ces Retouches se présentent non comme une atténuation, mais comme une confirmation et une aggravation des réserves formulées par Gide dans Retour de l'URSS à l'adresse du régime stalinien" 29: propagande, asservissement, délation, aveux truqués, purges et procès, emprisonnement et déportation. Gide voudrait que tous comprennent que "c'est au profond du fruit que le ver se cache" 30.

Du "pays du grand mensonge" 31, Gide n'est pas revenu indemne. La ferveur des Nouvelles Nourritures est retombée 32. L'homme engagé est mort dans les affres de la révolution trahie. Mais l'homme libre n'a pas dit son dernier mot.

20. Journal (1926-1950), t. II, p. 524.
21. Pierre Herbart, La Ligne de force, Gallimard, 1958; rééd. "Folio", 1980, p. 105.
22. Les Carnets d'URSS restèrent inédits jusqu'en 1997. Voir Journal, t. II, p. 523-540, et citation p. 537.
23. Journal, t. II, p. 525 et Retour de l'URSS in Souvenirs et voyages, p. 767.
24. Les Cahiers de la Petite Dame, t. II, p. 559. Les ventes explosent. En un an, neuf tirages se succèdent, soit 150000 exemplaires. Une quinzaine de traductions voient le jour.
25. Sur la réception de l'œuvre, voir Martine Sagaert, "Notice", ouvenirs et voyages, p. 1322-1323.
26. Retour de l'URSS, p. 805.
27. Il fait un peu moins de bruit que le précédent - en deux tirages effectués cette année-là, le livre est produit à 48500 exemplaires -, mais il suscite des commentaires similaires.
28. Gide écrira une préface au livre d'Yvon L'URSS telle qu'elle est, Gallimard, 1938. Sur Yvon, voir Hervé Guiheneuf, Dix ans en URSS (1923-1933). L'Itinéraire d'Yvon, Nantes, Ouest-Éditions, 2001. Sur les autres témoins, voir Martine Sagaert, "Notice", Souvenirs et voyages, p. 1355-1356.
29. Benjamin Crémieux, La NRF, 1er août 1937, repris dans BAAG, n° 39, p. 103.
30. Le Ver dans le fruit est le premier titre de Retouches. Voir Martine Sagaert, "Notice", Souvenirs et voyages, p. 1325.
31. Anton Ciliga publiera en 1938 Au pays du grand mensonge.
32. Dans Les Nouvelles Nourritures, "Camarade" remplaçait Nathanaël.