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Tim Unwin
professeur à l’université de Bristol
Contrairement aux propos pessimistes relatifs à la recherche, je parlerai d’« embarras de richesse » consécutif au climat de plus en plus international et propice à la collaboration. Les difficultés sont davantage dues à la variété et à la vigueur des recherches. Nous avons si bien exporté notre discipline que nous ne savons plus où elle se situe.
La traversée des frontières nationales et disciplinaires s’est imposée comme une nécessité fondamentale. Notre champ d’étude a bénéficié d’une énorme diversification. Au Royaume-Uni, la recherche s’est dotée d’une vision stratégique en raison, notamment, de l’exercice quinquennal d’évaluation nationale. Les groupes de recherche se constituent et se consolident pendant que les colloques et les publications foisonnent sur tous les sujets couverts par les études françaises.
L’enrichissement de celles-ci est néanmoins problématique. Il représente en effet une prolifération difficile à contrôler. Par conséquent, un certain nombre de questions émergent : où se situe notre discipline ? Entre les études post-coloniales, culturelles, comparatistes, sociales, historiques, politiques, théoriques ou littéraires ? Les Anglais s’interrogent sur le lieu de leurs alliances naturelles. Sont-elles situées en France ou aux États-Unis ? En définitive, les études françaises sont-elles sur le point de disparaître ?
Il ne s’agit pas seulement d’une question purement théorique mais aussi d’un problème pratique dans la mesure où, en l’absence de centre de gravité, des difficultés naissent à l’échelle de l’administration, des départements et de l’autonomie de notre discipline. Nous avons parfois le sentiment que ce qui nous appartenait relève désormais des départements de Philosophie, de Sciences sociales, d’Études anglaises, etc. Notre discipline est ainsi perçue par la majorité des universitaires comme étant en danger. Pour y remédier, nous devons d’abord reconnaître le paradoxe : nous avons réussi dans le domaine de la recherche.
Au-delà des réponses théoriques à la question du déclin des études françaises, il existe des réponses pratiques telles que la collaboration internationale ou les thèses en cotutelle. Ces dernières sont peu répandues en Grande-Bretagne. Nous souhaitons donc les multiplier.
Michèle Gendreau-Massaloux
Et si la question à l’origine de ce séminaire était finalement celle du risque de la dissémination et du succès de la recherche internationale en français, quelle que soit la relation des pays à la langue française ? Et si les dangers étaient en fait nés de la réussite du français ?
J’ai été frappée de constater que vous étiez sensibles au retour de la diversité de la langue et des études du monde francophone. Vos propositions m’ont aussi semblé très fortes dans la mesure où, d’une part, elles s’appuient sur la mobilité et sont ainsi conformes à l’action ministérielle française et à celle de l’AUF et, d’autre part, encouragent le développement des collaborations.
Débat avec la salle
Brynja Svane
Suède
Depuis plusieurs années, une collaboration portant sur la traduction s’est mise en place en Scandinavie afin d’accroître l’influence française dans cette région et réciproquement. Elle intègre tous les pays scandinaves : l’Islande, la Suède, la Norvège, le Danemark et la Finlande.
Afin de limiter l’ampleur de la tâche, cette collaboration concerne un sujet précis, à savoir le réalisme français du XIXe siècle et son impact sur les pays du Nord. En partenariat avec nos collègues français, nous essayons de définir le réalisme dans les différents pays. Nous avons obtenu pour le projet RFS (Le réalisme français en Scandinavie), que je dirige en collaboration avec mes collègues Morten Nøjgaard (Danemark) et Karin Gundersen (Norvège), un financement qui nous a permis d’embaucher quelques jeunes docteurs. Trois personnes établissent en ce moment une bibliographie de toutes les traductions françaises au XIXe siècle dans les pays du Nord. Ce travail met en lumière les différences entre la littérature française exportée et celle exclusivement française.
Notre prochain colloque en collaboration avec nos collègues français se déroulera en mai 2004.
Marie-Paule Simon
Mexique
Si la coopération en Europe est une chose normale, elle ne l’est pas en Amérique latine. C’est pourquoi nous sollicitons la mise en place d’une collaboration en faveur des futurs professeurs mexicains en littérature française. Cette collaboration pourrait se traduire par des séjours culturels, des stages de formation et un programme d’échanges académiques avec les universités françaises. Par ailleurs, en vue du renforcement des études en maîtrise et en doctorat de lettres françaises, nous souhaitons la mise en place de bourses d’étude dans le domaine de la recherche ou de la critique littéraire, éventuellement selon le mode de la cotutelle. À cet égard, l’intervention de monsieur Kunstmann est très intéressante.
Maria Elizabeth Chaves De Mello
Brésil
Au Brésil, nous avons pour objectif de former des enseignants-chercheurs afin qu’ils apprennent à enseigner et à penser. Aussi, nous bénéficions d’un programme de coopération avec la France permettant aux étudiants brésiliens en licence de venir étudier en France.
En revanche, les étudiants post-universitaires spécialisés en traduction français / portugais ne sont pas soutenus au Brésil. Il serait donc pertinent qu’ils puissent venir en France.
De plus, le système de la cotutelle mérite d’être renforcé. Enfin, les professeurs-chercheurs universitaires profitaient autrefois d’un programme d’invitation en France. Je regrette sa disparition.
Bernard Laks
France
En France, la norme académique et la tradition grammaticale ancrée dans les années 1860 sont incontournables. La question purement linguistique de la description et de l’analyse de la langue vivante dans ses usages réels, sa variation, sa diversité et ses aspects sociolinguistiques reste donc une priorité fondamentale. Nous ne détenons toujours pas, en effet, de descriptions linguistiques totalement fiables du français et des français dans leur usage réel.
Cette situation pose de nombreuses questions d’ordre pédagogique mais aussi industriel. La mise à disposition pour les industries de la langue d’une analyse du français dans ses usages concrets demeure une question stratégique. Du point de vue de la recherche, ces questions doivent nous interpeller.
Par ailleurs, compte tenu de la prégnance de la norme académique, il est paradoxal de constater que l’essentiel des recherches reste périphérique. La Grande-Bretagne a ainsi exercé une influence majeure au cours de la dernière période en matière de ressourcement des données empiriques et concrètes sur les usages du français. À cause de la faiblesse du soutien institutionnel français, une grande partie des recherches sociolinguistiques et des travaux descriptifs est ainsi publiée dans des revues anglophones (Journal of French Language Studies).
La construction de corpus représentatifs à l’échelle des normes linguistiques européennes de recherche (corpus de plus de dix millions de mots) reste essentielle. À cet égard, la DGLFLF mène actuellement une réflexion sur le développement d’une politique linguistique de corpus en France. Son Observatoire des Pratiques linguistiques devrait être l’instrument d’une telle politique. Cette préoccupation est également prise en charge par le CNRS et l’Institut de Linguistique française, fédérations de laboratoires nationaux travaillant sur l’analyse, la description et la modélisation du français dans ses usages réels. La question des corpus relève enfin d’une politique industrielle, les enjeux du développement d’outils logiciels de traitement et d’assistance en langue d’usage étant particulièrement aigus.
Pierre Mutande Mwambo
doyen de la faculté des Lettres et Sciences humaines de Kinshasa
Nous pratiquons la recherche fondamentale, la recherche appliquée destinée aux professeurs de français, mais également la recherche appliquée à la communication. En effet, dans mon pays, le français est la langue officielle non seulement sur les plans administratifs et politiques mais aussi dans l’enseignement.
Nous avons également un souci d’alphabétisation qui se concrétise par la formation de relais chargés de dispenser un enseignement en français aux élèves qui n’ont pas eu la chance de poursuivre leurs études jusqu’au secondaire. Sur le plan conjoncturel, il est difficile pour moi de partager l’optimisme dont certains font preuve concernant le niveau de recherche. Les infrastructures, les moyens financiers et les conditions de travail en équipe posent à l’heure actuelle beaucoup de problèmes. Nous devons faire face à la dispersion et à la fuite de cerveaux. Certaines personnes très prometteuses se sont exilées aux États-Unis dès qu’elles en ont eu la possibilité. Par ailleurs, dans un contexte où la plupart des pays limitrophes sont en guerre, vous imaginez bien que la coopération régionale est très réduite.
Pour apporter une note d’espoir, j’aimerais signaler le dynamisme intellectuel de notre population qui produit tout de même quelques oeuvres littéraires de qualité. À Kinshasa, nous bénéficions d’une forme de coopération à travers le centre de recherches supérieures. Cette coopération francophone avec la Suisse et la Belgique encourage la mobilité à travers des stages de professeurs et des thèses. Nous développons également des projets de recherche pour lesquels nous demandons des efforts de coopération. Je pourrai présenter ces projets aux personnes intéressées. Nous avons des espérances un peu illusoires sur la constitution d’un atelier sur les différentes méthodologies de l’enseignement du français. Nous aimerions également organiser un forum sur la dynamique de la langue française. Nous avons constaté que le vocabulaire français avait envahi les langues locales et nous aimerions creuser plus profondément ces domaines de recherche qui nous passionnent. Nous aimerions également promouvoir la créativité littéraire et revigorer la recherche. Je suis très intéressé par la proposition d’insuffler une dynamique de jumelage émise par un collègue d’Ottawa précédemment.
James Archibald
La traduction représente un moyen de transmettre la culture et de créer un lien entre deux traditions culturelles. Au sein de notre département, nous avons plusieurs orientations de recherche parmi lesquelles l’étude de la traduction de l’espagnol, du français et de l’anglais. Il serait très intéressant de lancer une étude sur l’histoire de la traduction comme moyen de transmission de la culture. Nous pourrions avoir ainsi un regard très clair sur le rôle de la francophonie au cours de l’histoire.
Il existe au Canada une association des écoles de traduction. Sur le plan de la coopération, il serait très intéressant de profiter de l’existence de telles structures pour promouvoir un rapprochement culturel de pays différents.
Gianfranco Rubino
J’aimerais juste souligner le dynamisme actuel de la coopération franco-italienne. En effet, nous bénéficions à la fois du réseau européen et d’institutions spécifiques mises en place il y a quelques années. Je fais notamment allusion à l’Université franco-italienne. Cet organisme coordonne ou finance des initiatives conjointes. Il travaille également sur des programmes européens, notamment Leonardo da Vinci. Cette coopération englobe des projets de formations doctorales, des cursus universitaires de premier et de deuxième niveaux et des cours de spécialisation. Les formations de niveau doctoral portent essentiellement sur des domaines scientifiques et juridiques : l’année passée, les thèmes abordés étaient « La médecine moléculaire », « Science et technologie dans l’information et la communication », « Institutions politiques et lois européennes » et « Conservation du patrimoine culturel ». Nous avons également une chaire franco-italienne destinée alternativement à un professeur français ou italien.
Enfin, j’aimerais mentionner l’existence d’un groupe franco-italien qui travaille avec le service culturel de l’ambassade de France en Italie. Ce groupe a déjà organisé deux manifestations intitulées « Unidiversité » autour de plusieurs chercheurs et artistes.
Vous voyez donc que la collaboration entre nos deux pays est assez intense. Nous profitons également du réseau Erasmus, même si je pense que cette initiative devrait être plus réfléchie. Certains étudiants semblent en effet prendre un peu trop à la légère cette occasion d’effectuer une partie de leurs études dans des pays différents.
Enfin, nous avons en Italie trois associations de chercheurs français : la société des spécialistes du français, le séminaire de philologie française et le Dorif, qui s’intéresse essentiellement à la langue française. Dans le domaine de la coopération, il me semble que les initiatives de type Erasmus sont encore insuffisantes. Les échanges en termes de recherche restent encore trop souvent cantonnés aux rapports bilatéraux entre universités. Il serait intéressant de mettre en oeuvre des réseaux financés aux niveaux national et international.
Carlos Valentini
professeur à l’université nationale de Rosario
La conquête de l’Amérique de la part des Espagnols, l’éducation des jeunes créoles argentins en France, en Angleterre et en Espagne pendant la Vice-royauté du Río de la Plata, l’influence fondamentale de l’illuminisme, de la révolution industrielle, du positivisme dans la pensée de nos grands hommes pendant la révolution, l’indépendance et l’organisation nationale, l’arrivée des immigrants européens entre 1880 et 1950 (la plupart Italiens et Espagnols) qui ont cultivé les terres fertiles de la pampa humide et qui ont constitué la main-d’oeuvre pour l’industrialisation du pays, la contribution des penseurs et écrivains qui ont vécu parmi nous dans la période entre les deux guerres, l’exil de nos intellectuels, savants et chercheurs pendant les différentes dictatures militaires, tout a contribué à établir des ponts fermes entre l’Argentine et l’Europe.
Ces ponts ont eu dans plusieurs occasions des noms français : Paul Groussac (historien et critique littéraire arrivé en 1866 à Buenos Aires, fondateur de la revue La Biblioteca en 1896, le meilleur magazine littéraire de son temps où collaborer ou pas dans ses numéros impliquait être considéré ou méconnu par le monde intellectuel argentin), Paul Verdevoye (homme de lettres, traducteur et enseignant, auteur de livres tels que La Naissance du théâtre français, publié en 1954 par l’Universidad Nacional del Litoral) ou Roger Caillois (qui arrivait à Buenos Aires en 1939 invité par Victoria Ocampo, la directrice de Sur la mythique revue littéraire, et qui restait en Argentine pendant toute la Deuxième Guerre mondiale. Il y dirigeait Lettres françaises, une revue financée par Victoria Ocampo dans laquelle ont été publiés des textes des écrivains de la France occupée ou en exil et des traductions des textes d’écrivains argentins tels que La Bibliothèque de Babel de Jorge Luis Borges. Caillois avait chargé Paul Verdevoye de la traduction de Fictions de Borges qui a été publiée en 1952 et qui a inauguré la collection « La croix du Sud », de l’éditeur Gallimard, destinée à la publication des écrivains sud-américains contemporains).
Mais aussi à de nombreuses occasions ces ponts ont été traversés par des noms argentins : Julio Cortázar, Héctor Bianciotti, Jorge Lavelli, Alfredo Arias, Marilú Marini, Copi, Susana Rinaldi, Mercedes Sosa, Jairo parmi tant d’autres.
L’Université argentine a toujours été réceptrice à l’apport des idées européennes c’est pour cela que plusieurs départements d’Études françaises, anglaises, hispaniques, allemandes ont été créés et se sont développés jusqu’à environ 1963. À partir de cette date une succession de coups d’État militaires a empêché le développement de la pensée et de la recherche scientifique. En 1983, à partir du retour de la démocratie, l’Université a dû tout reconstruire : on a reformulé les programmes d’études, on a créé les études de post-grade et on a commencé à développer la recherche.
Dans ce contexte, l’université nationale de Rosario, à travers le secrétariat des Relations internationales a signé plusieurs accords de coopération avec de nombreuses universités européennes. Depuis 1998 il existe à différents niveaux de développement des accords avec 35 universités espagnoles et 19 italiennes, chiffres qui mettent en évidence les liens étroits que ces deux pays entretiennent avec la population argentine où la plupart des habitants descendaient des immigrants d’origine espagnole ou italienne. En troisième place se situe la France avec 12 universités françaises et, dans un contexte francophone, on doit considérer aussi les accords avec deux universités belges et sept canadiennes. Suivent quatre universités danoises, une de l’Angleterre et une de l’Allemagne.
Plusieurs programmes sont actuellement en cours mais on assiste à une considérable dispersion des efforts, parfois à l’intérieur d’une même faculté. Pour les concentrer et pour tirer un meilleur parti de ceux-ci, la faculté des Humanités et Arts de ladite université se propose de créer dans le deuxième semestre de cette année le Centre d’Études européennes.
Cette perspective européenne correspond à l’esprit plurilingue qui a animé le discours de la coopération française. Ce n’est pas par hasard que notre faculté est le siège de la Confédération argentine des professeurs de langues vivantes qui vient d’être créée et qui regroupait les enseignants de portugais, d’allemand, d’anglais et de français et dont la conceptrice et l’organisatrice des rencontres a été la Fédération argentine de professeurs de français.
De même, nous enseignons dans la filière Lettres les littératures européennes dans leur ensemble et non pas séparées par nationalités comme jadis et, dans la filière Histoire, l’histoire de l’Europe à plusieurs niveaux.
Le Centre d’études européennes considère que cette nouvelle perspective continentale dépasse les limites établies par la tradition et qu’une nouvelle identité européenne fondée sur les principes de fraternité, de tolérance, de multiculturalisme, de plurilinguisme est en train de s’affirmer sans que cela signifie une perte de sa propre nationalité.
La présence française à l’intérieur des études européennes continue et continuera donc à être remarquable par le rayonnement international exercé dans le domaine des sciences humaines par ses chercheurs, penseurs, écrivains, historiens, linguistes, anthropologues et didacticiens.
Ce centre n’est pas conçu comme un espace dédié exclusivement aux études linguistiques ou littéraires mais aussi historiques, philosophiques, anthropologiques. Dans un contexte où la recherche scientifique exige de plus en plus de s’ouvrir au monde du transdisciplinaire, les études en sciences humaines doivent être considérées dans leur ensemble.
On envisage également la promotion d’échanges interuniversitaires non seulement au niveau de chercheurs ou d’enseignants mais aussi d’étudiants. La mise en oeuvre d’un programme du type Erasmus dans le cadre du Mercosur qui prend en compte les conditions économiques limitées des universités latino-américaines serait fort souhaitable.
On a voulu présenter ce projet de relance des études françaises dans la perspective plus vaste des études européennes dans ce Séminaire international sur les Études françaises. On est ouvert à des commentaires et des suggestions de la part des collègues et des autorités présents. On est aussi fortement intéressé à savoir de quelle manière la coopération universitaire et internationale pourra collaborer avec le développement du projet.
Michèle Gendreau-Massaloux
Les réponses à ces questions viendront globalement par la suite, au moment où nous aborderons l’analyse des conditions de production des maisons d’édition en France. Nous parlerons également des nouveaux supports tels que les revues en ligne qui coûtent moins cher et qui peuvent se développer sur place. Nous vous dirons également comment votre université pourra adhérer à un réseau francophone.
Juvénal Ngorwanubusa
J’ai l’impression que la notion de coopération a été bien perçue dans cette salle. Nous parlons d’universalisme, de dialogisme, de mobilité, de partenariat et de tutelle. J’appartiens à l’université du Burundi, un pays très pauvre qui n’a pour l’instant pas les moyens de se doter de la culture internet. La coopération y prend les formes de la mobilité, de la participation à des jurys de thèses dans les autres universités, du contact concret avec des personnes et des bibliothèques, du financement des revues. Tout cela demande de l’argent. J’aimerais ici prendre au mot le ministre des Affaires étrangères qui dit que la France est partenaire des Études françaises. Monsieur North a dit la même chose, tout en regrettant le fait que les Études françaises soient en concurrence avec d’autres domaines et que le lectorat ait été supprimé. Au Burundi, nous sommes demandeurs de lectorat car les missions de substitution ont été supprimées. Nous pensions que les professeurs que nous envoyions en thèse reviendraient, mais ce n’est pas le cas. Nous en sommes donc encore à demander des missions de substitution et des appuis financiers. J’aimerais que l’on puisse dire ici et maintenant que les départements d’Études françaises peuvent jouir de la clause de département le plus favorisé auprès du ministère des Affaires étrangères. Le budget de la structure serait séparé et sa gestion serait chapeautée par un conseil consultatif des Études françaises.
Michèle Gendreau-Massaloux
Je pense que vos questionnements appellent également des réponses globales dont il conviendra de tirer des conclusions. Toutefois, je voudrais vous signaler que la coopération bilatérale ne constitue pas la seule intervention possible pour votre pays.
La participation financière de la France à la francophonie universitaire et de recherche a augmenté de 11 millions d’euros. Cela signifie que si vous observez les procédures de candidature de l’Agence universitaire de la francophonie, vous avez des chances d’être écouté. À l’heure actuelle, le nombre de professeurs d’études françaises candidats à la mobilité n’est pas à la hauteur de ce que nous pouvons financer. Nous avons donc de quoi répondre à des demandes, qui sont d’ailleurs exprimées de Bujumbura par l’intermédiaire du nouveau directeur du bureau de l’Agence universitaire de la francophonie. Il s’agit d’un Français qui connaît très bien l’Afrique et les départements d’Études françaises.
Je pense que le moment est venu de conclure cette table ronde. Xavier North aimerait que chaque participant écrive sur une fiche les propositions qu’il a à présenter, même si elles n’ont pas été abordées au cours du séminaire.
Jusqu’à présent, nous nous rencontrions uniquement via le réseau électronique, c’est donc une grande première d’être tous rassemblés aujourd’hui. La Francophonie universitaire et de recherche que je représente n’aurait pas pu assurer seule l’organisation de cette rencontre, je tiens donc à remercier son auteur. Je ne pourrai pas participer à la fin de cette réunion, mais je m’engage à ce que des décisions concrètes en soient tirées. Je vous remercie tous pour vos précieux apports.
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