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Henning Krauss
professeur à l’université d’Augsburg
Qui, quarante ans après le traité de l’Élysée n’aimerait pas, en tant que rapporteur allemand, présenter un bilan brillant des Études françaises en Allemagne ? Mais la situation actuelle, regardée sans illusions, est celle d’une crise qui a tendance à s’aggraver. Malgré la déclaration franco-allemande du 22 janvier 2003 qui souligne, à juste titre, dans ses articles 15 et 19, l’importance primordiale de la connaissance de la langue, de la littérature et de la civilisation de l’autre, la suppression de plusieurs départements de français en Allemagne est imminente.
L’Association des Franco-Romanistes allemands que je préside en ce moment fera tout son possible pour obtenir le soutien moral des autorités françaises afin de limiter les dégâts à craindre.
Abordant le sujet de notre discussion, après cette note critique nécessaire, le panorama des coopérations universitaires franco-allemandes est vaste et extrêmement riche.
En 1957, déjà, quatre jumelages entre universités (Grenoble / Fribourg-en-Brisgau, Montpellier / Heidelberg, Paris-Sorbonne / Munich, Lyon / Francfort) avaient été conclus, suivis de près de Toulouse / Bonn, Dijon / Mayence, Poitiers / Marbourg, Aix-en-Provence / Tübingen.
Comme on pouvait l’espérer, le traité de l’Élysée (1963) favorisait la coopération universitaire franco-allemande. Je ne connais pas d’université allemande qui n’ait pas des liens étroits avec une ou plusieurs institutions françaises homologues. Ces contacts, il faut le souligner, ne se limitent pas aux germanistes et aux franco-romanistes, mais embrassent toutes les facultés.
La situation actuelle étant trop complexe pour être décrite de façon adéquate en quelques minutes, je me bornerai à caractériser les activités de l´université franco-allemande de Sarrebruck qui exerce la mission d’institution pilote dans les relations universitaires franco-allemandes. Sous son toit, soixante-quatorze établissements membres sont réunis, ainsi que cinquante-sept établissements partenaires. Elle gère plus de cent cursus franco-allemands avec double diplôme et douze cursus de niveau post-licence. Étant ouverte à toutes les nations, elle accueille, d’après le bilan de 2002, des étudiants de 34 pays, c’est-à-dire du Bénin et de la Biélorussie jusqu’à l’Ukraine et au Vietnam.
Pour revenir à la recherche, onze groupes de chercheurs de disciplines diverses et vingt-neuf collèges de gradués traitent des sujets concernant la France et la francophonie. Pour la publication de leurs résultats, ils peuvent choisir entre plus de cent vingt publications périodiques, dont plusieurs sont éditées par des rédactions franco-allemandes.
En outre, il y a cinq Instituts franco-allemands, spécialisés dans la recherche, à Ludwigsburg, Fribourg-en-Brisgau, Leipsick, Sarrebruck et Berlin. Ne passons pas sous silence, cependant, que les communautés universitaires française et allemande ne profitent pas trop des études de leur partenaire privilégié, citées assez peu dans les notes et les bibliographies (cf. Fritz Nies, éd. : Spiel ohne Grenzen ? Zum deutsch-französischen Transfer in den Geistes und Sozialwissenschaften, Tübingen 2002). Peut-être, la coopération entre les sociétés scientifiques des deux pays, qui est en train de s’intensifier, pourra-t-elle remédier à cet état des choses insatisfaisant. Je ne veux citer que deux exemples particulièrement encourageants. Le Comité franco-allemand pour la recherche sur l’histoire du XIXe et du XXe siècle est extrêmement actif ; la Société d’Histoire littéraire de la France tiendra sa prochaine journée d’études Littérature et Démocratie au sein du congrès de l’Association des Franco-Romanistes allemands en 2004.
Chers collègues, si vous voulez vous joindre aux activités franco-allemandes et je vous y invite, parce que la mondialisation de la recherche n’apportera que des avantages à tous , vous pourrez consulter pour tous les détails un répertoire récemment publié (Katrin Foldenauer/ Matthias Middell / Antje Zettler, éd. : Repertorium der deutschen Frankreich- und Francophonieforschung 2003, Veröffentlichungen des Frankreich-Zentrums 9, Leipzig 2003).
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