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Les Etudes Françaises

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Marcela Swiatkowska
professeur à l’Institut de philologie romane de l’université Jagellonne à Cracovie

Je suis en désaccord avec les propos selon lesquels l’enseignement universitaire peut être détaché de la recherche. Il y a en effet un principe fondamental en vertu duquel on enseigne d’abord les matières sur lesquelles on procède à des recherches.

Nous allons, selon moi, trop loin dans le domaine de la professionnalisation. La première vocation de l’Université est d’apprendre aux étudiants à penser. On ne pourra jamais leur donner tous les outils dans la mesure où le monde évolue rapidement : les outils changent, les nouvelles technologies progressent rapidement. En revanche, nous pouvons apprendre aux étudiants les moyens d’être autonomes, de se réaliser ou de se réorienter.

Je suis par ailleurs heureuse que les départements de Lettres françaises demeurent au sein des universités de Lettres et de Sciences sociales. Ce sont en effet des lieux où l’enseignement et la recherche se rencontrent.

Si la recherche disparaît, il n’y aura plus, à terme, de départements d’Études françaises. La France ne pourra pas former elle-même les enseignants pour le monde entier. Ce sont donc les actions menées dans différents pays qui permettent d’entretenir la Francophonie.

Je vois deux étapes importantes dans le domaine de la coopération entre les universités :
• L’élaboration de bases de données relatives aux recherches effectuées dans différents pays.
• La réalisation des projets communs (individuels ou collectifs).

Si la recherche est solitaire, nous pouvons néanmoins intégrer une action collective. À titre d’exemple, je peux mentionner le projet européen sur la rhétorique des passions dans la littérature occidentale qui a réuni de nombreux chercheurs polonais et belges d’orientation littéraire, linguistique, rhétorique. La circulation de l’information est donc indispensable. Une base de données permettrait à chacun de connaître les actions menées dans les autres universités françaises ou étrangères et donnerait ainsi un essor aux entreprises communes dans le domaine des études françaises.

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