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Michèle Gendreau-Massaloux
rectrice de l’Agence universitaire de la francophonie
De grandes idées et de grands projets ont été envisagés. Si un dictionnaire bilingue créole / français vient à naître, son coeur et son cerveau seront sans doute les États-Unis et non un pays créole ou un pays de langue officielle française. Nous savons aussi que si une recherche en coopération voit le jour, elle ne saurait être à sens unique. D’autres territoires que les pays francophones, tels que les pays anglophones, hispanophones ou russophones, devraient également faire l’objet de recherches en langue française. Nous devons donc reconquérir un sens du croisement de la compétence en matière de coopération pour la recherche.
Cela doit se faire conformément à la fonction critique universitaire, laquelle craint l’enracinement durable sur le territoire de sa propre recherche et préfère être partiellement étrangère à celui-ci.
Cristina Robalo Cordeiro
professeur, vice-présidente de l’université de Coimbra
Je devais initialement commenter le texte d’Albert Valdman. Celui-ci m’a été remis seulement hier soir en raison d’un problème informatique. Je n’ai donc pas pu commenter ce texte.
Je pourrais néanmoins présenter la situation du Portugal, mais cela a déjà été fait hier. J’ajoute toutefois que s’il y a des problèmes au Portugal en matière de formation initiale, la situation est satisfaisante pour les doctorats et les post-graduations, pour lesquels il existe une forte demande en études et en littérature françaises.
Mon intervention portera finalement sur la problématique européenne. Je suis en effet chargée des relations internationales et de la mise en place de la Convention de Bologne dans mon université. Cette Convention identifie trois étapes au sein des cursus et insiste en particulier sur la mise en place des deux dernières, à savoir les masters et les doctorats.
Je voudrais attirer l’attention sur la difficulté du rapport coopération / recherche. Ce binôme nous fait hésiter entre deux interprétations de notre activité. Un texte d’Albert Camus m’aidera à me faire comprendre : tout le monde se souvient de la célèbre paranomase sur laquelle se termine la nouvelle « Jonas ou l’artiste au travail »: solitaire / solidaire. Eh bien, entre la coopération et la recherche, l’esprit oscille de la même façon.
À mes yeux, le terme de « coopération » correspond à celui de « solidaire » et à ceux prononcés hier et aujourd’hui tels que « pluralité », « plurilinguisme », « travail en réseau », « solidarité », « dialogisme », « rêve d’universalisme », « vitesse », « multiple », « dispersion ». Le terme de recherche correspond quant à lui à celui de « solitaire » et à ceux déjà évoqués tels que travail, étude, effort individuel, silence, recueillement, réflexion, durée, temps de la concentration et de la rumination. Comment concilier la coopération et la recherche, c’est-à-dire le temps de la concentration et celui du multiple ? Comment suivre à la fois ces deux versants très importants pour les enseignants-chercheurs et les étudiants ?
L’Europe nous offre une solution. Elle propose aux chercheurs les programmes Marie Curie qui sont désormais ouverts aux sciences sociales et aux langues. Elle donne aux étudiants la possibilité de suivre des masters européens et des formations de troisième cycle avec plusieurs universités et donc d’obtenir des codiplômes. Dans mon université par exemple, des formations d’études européennes sont dispensées en français et des réseaux entre des pays européens, africains et le Canada concernant la littérature et la langue françaises ont été institués.
Ce que l’Europe proposait avant, c’est-à-dire le programme Erasmus pour les étudiants, relevait essentiellement du versant de la mobilité. Désormais les deux programmes évoqués précédemment et celui d’Erasmus Monde relèvent du deuxième versant, celui de la recherche.
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