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Les Etudes Françaises

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Peter France
professeur émérite à l’université d’Edimbourg

Ma première remarque concerne la recherche internationale sur l’histoire de la France, de sa culture et de sa littérature. La France continue à exercer une grande fascination auprès des chercheurs de nombreux pays. Ainsi, à l’image des États-Unis, le nombre d’historiens spécialistes de la France est important au Royaume-Uni. Malheureusement, les historiens français s’intéressent relativement peu à ces deux pays. La réciprocité devrait pourtant être la règle.

On a décrit ici les chercheurs en français, ce sont des missionnaires, des « passeurs ». Nous avons, en effet, décidé souvent d’étudier la France en raison d’une fascination pour ce pays et pour ce qu’il peut représenter dans le monde. Mais il me semble essentiel d’ajouter qu’en faisant des recherches, nous portons également un regard critique sur une culture que nous nous efforçons d’analyser de manière objective. Ce regard extérieur associé à une optique comparatiste est selon moi indispensable à tout pays qui souhaite se connaître.

Il n’est pas nécessaire que le coeur et le cerveau d’un réseau de chercheurs en français se situent en France ou dans un pays francophone. À Oxford, la Fondation Voltaire, en collaboration avec d’autres organismes, produit ainsi depuis des décennies de nombreuses recherches de grande qualité. En revanche, tous les chercheurs viennent en France pour travailler. Je suis donc partisan d’une vision de la coopération en matière de recherche qui favorise la mobilité et exclue la sédentarité.

Il existe pour les études de l’anglais un organisme, The European Society for the Study of English, qui a été fondé à Rome, et où les pays anglophones jouent un rôle mineur. Il organise des colloques partout en Europe. C’est donc un modèle différent de celui de l’Association internationale des Études françaises qui tient toujours ses assises dans un pays francophone. En revanche, cette Société européenne d’Études anglaises n’a pas l’assurance qu’elle sera toujours prise au sérieux par les universitaires britanniques.

Pour terminer, j’aimerais vous proposer deux sujets de recherche de grande envergure qui mériteraient le soutien des autorités françaises. Ne serait-il pas intéressant de constituer des équipes, composées de chercheurs de tous les pays, qui essayeraient d’écrire l’histoire de la réception et de la traduction de la littérature française à l’étranger aussi bien que l’histoire de la traduction littéraire en France ? Je sais qu’il existe des travaux sur ce dernier point. Mais il s’agirait, ici, d’analyser comment, sur le long terme, la culture française a absorbé et transformé les apports de cultures étrangères depuis la Bible jusqu’à Freud. Bien entendu, dans les deux cas, il serait nécessaire d’être sélectif.

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