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Les Etudes Françaises

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Mairéad Hanrahan
professeur à University College Dublin

Je ne partage pas l’idée de monsieur Iversen selon laquelle la diminution du nombre d’étudiants serait imputable à la qualité des enseignants. Elle renvoie plutôt à un décalage entre l’offre et la demande. Je rappelle ici l’article de Mickael Kelly où il montrait que la plupart des enseignants choisissaient ce métier pour l’intérêt qu’ils portent à la culture, tandis que les étudiants souhaitent des cours de langues.

Je remets surtout en cause le point de vue nostalgique d’un âge d’or révolu. La place de la littérature dans le cursus a beaucoup changé, le fait est indéniable. Il me semble toutefois que l’étude de la littérature comme transmission d’un savoir est l’aspect qui a le plus souffert de cette évolution. Je ne suis pas la seule à penser que la littérature reste profondément étrangère à la transmission du savoir, ce que nous ont appris les trente dernières années.

Les publications d’études littéraires se portent toujours aussi bien et la majeure partie des doctorants optent pour des sujets littéraires. La littérature ne traverse aujourd’hui une crise que dans la mesure où elle affiche des prétentions universalistes. La meilleure manière de protéger la littérature reste seulement de la faire aimer, non de tenter de l’imposer.De manière utopique, j’en appelle à un enseignement poétique de la littérature, pratiqué sur le mode du don, non sur celui de la transmission d’un savoir et donc d’une maîtrise.

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