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Les Etudes Françaises

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Les réseaux de la francophonie

Marc Cheymol

Le terme métaphorique de réseau pourrait être remplacé par celui de maillage. Quand je suis arrivé au Québec, pour éviter de parler du World Wide Web, quelqu’un nous avait suggéré d’employer l’expression de « maillage multimédia mondial », dans laquelle les trois « w » devenaient les trois « m ». Quelle que soit la manière dont on choisit d’en parler, ce maillage peut se faire à divers niveaux :

1 Le niveau individuelC’est-à-dire celui des chercheurs ou des professeurs qui se trouvent dans les départements d’Études françaises. Nous les appelons archaïquement les réseaux de chercheurs. Ceux-ci interviennent dans des disciplines variables, de la lexicologie à la terminologie en passant par le traitement informatisé des langues et la traduction. Pour ce dernier domaine, il peut s’agir de la rédaction de dictionnaires, la réflexion sur l’histoire de la traduction ou la constitution de bases de données bibliographiques liées à la traduction. Les chercheurs appartenant à ces réseaux peuvent proposer des actions de recherches qui seront financées par l’Agence universitaire de la francophonie.

2 Le réseau des départements de français à l’étranger

J’aimerais vous décrire cette structure telle qu’elle existe mais également évoquer les différentes manières de la faire évoluer. Nous avons souvent le sentiment que ce qui existe déjà est trop méconnu et donc sous-exploité. Il existe donc un réseau des départements d’Études françaises. Il s’agit d’un maillage virtuel constitué d’une liste d’adresses de tous les départements qui peuvent recevoir un bulletin papier intitulé « Le français à l’université ». Il existe également une liste de discussion « Framonde » dont l’adresse est disponible sur notre site www.auf.org

Dans la même dynamique, je pense que l’Agence universitaire de la francophonie serait d’accord pour pérenniser ce genre de forum à travers la tenue de réunions réelles plutôt que virtuelles. Un forum virtuel pourrait également être créé de manière à permettre aux différents chercheurs de recueillir et confronter entre elles leurs opinions respectives.

3 Les réseaux institutionnelsIl s’agit d’un maillage des facultés. Les institutions y sont représentées par des personnes agréées. Il en existe deux qui sont en cours de refondation. Les départements de français qui souhaiteraient y adhérer peuvent entrer dans la nouvelle formule.

Le premier est le maillage des facultés de lettres et de sciences humaines, appelé l’AFELSH (Association des facultés et établissements de Lettres et de Sciences humaines) dont l’actuel président est monsieur Mohamed Taichi qui a pris la parole hier.

Le second est le réseau des établissements qui dispensent des enseignements à des formateurs. Il a été question au cours de ce séminaire de l’inadéquation parfois constatée entre la formation des enseignants et les besoins du public.

4 Le réseau des membres de l’Agence universitaire de la francophonie.

Depuis la réforme des statuts, toute université qui dispense un enseignement en français peut devenir membre de ce réseau à condition qu’elle en fasse la demande.

À chaque niveau de maillage correspondent des moyens. L’intérêt principal de ce réseau est bien évidemment la circulation de l’information, avec des objectifs tels que la création d’une base de données sur la recherche en littérature française ou certains domaines annexes. Le réseau pourrait également servir à défendre des projets, par exemple des formations, des démarches de création d’outils (dictionnaires), des regroupements de diplômes. Trop souvent, on parle de contenu avant de parler d’objectifs, qui sont généralement mal définis par manque d’analyse des besoins.

Pour conclure, j’aimerais revenir à l’image des cercles employée par madame la Rectrice. J’aimerais paraphraser Pascal lorsqu’il parle de la langue et de l’universalité en disant que ce maillage est une sorte d’infini dont le coeur est partout et la périphérie nulle part. Évidemment, en tant que mathématicien, Pascal parlait de centre et de circonférence. Nous lui préférons la notion de coeur qui donne une dimension affective et passionnelle chère aux valeurs de la francophonie et à tous ceux qui sont réunis aujourd’hui. Nous annihilons également la notion de périphérie qui sous-entendrait une certaine forme de marginalité que nous souhaitons proscrire à tout prix. Cette notion est sans doute d’ailleurs la meilleure définition de ce nouveau maillage que nous sommes tous conviés à intégrer.

Xavier North

Nous allons faire l’inventaire des adresses électroniques des divers participants. Sur cette base, il nous sera très facile de créer le forum virtuel. Nous déciderons prochainement de l’animation et du fonctionnement de ce forum. Vous recevrez toutes les indications utiles prochainement.

La deuxième phase de structuration qui pourrait être issue de ce séminaire est assez simple. Il s’agit d’analyser les différentes actions qui pourraient être mises en place pour encourager l’organisation régionale. Comment vous encourager à prendre contact par région géographique ? Il serait plus simple pour nous d’avoir des interlocuteurs qui auront un effet démultiplicateur. Actuellement, il nous est un peu difficile de disperser nos moyens. Il est sans doute préférable de travailler avec des associations à vocation régionale. N’hésitez donc pas à constituer ce type de structure, nous serons en mesure de vous aider à travers ce canal.

La troisième réflexion que j’aimerais vous soumettre est celle des outils. Je vais laisser Bernard Cerquiglini l’introduire ; j’aurai par la suite une proposition très concrète à vous soumettre.

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