
Le Caucase du Nord et la côte merveilleuse par laquelle il aborde la mer Noire et se prolonge fort avant vers le Sud, est un
des plus intéressants conservatoire de peuples et de langues qui subsiste sur la terre. Spécialiste des langues caucasiennes 2, il retourne dans le Caucase en 1954, et le fera régulièrement, en été, jusqu'en 1972. Il y étudie différentes langues, étant en plusieurs occasions le premier auteur occidental à le faire, et particulièrement l'oubykh (langue originale de quatre-vingt-deux consonnes et deux ou trois voyelles!) qui est en train de mourir. Il découvre Tevfik Esenc celui qu'on appellera plus tard «le dernier des Oubykh (1897/1902-1992), parce que cet homme, par ailleurs illettré, avait une conscience aiguë de sa langue, de ses sons, de ses subtilités , qui va devenir l'auxiliaire précieux du savant, en l'aidant à recueillir tout ce qui pouvait l'être dans une langue en perdition. Ce travail avec les Oubykh, comme celui effectué avec des Tcherkesses, donne lieu à de nombreuses publications. Beaucoup moins connue est une série d'articles (quatre, de 1954 à 1957) dans lesquels, après un voyage au Pérou au cours duquel Dumézil s'était naturellement intéressé à la langue locale, le kitchua, il remarquait une curieuse ressemblance entre les six premiers noms de nombre de cette langue et leurs équivalents en turc. Posant, à partir de ces rapprochements, les équations qui en résultaient, il parvint à déceler tout un vocabulaire commun au kicua et au turc. Cette recherche n'a pas encore eu de suite. 1. Voir fiche 2. | ||||
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