
Les textes religieux les plus anciens de l'Iran, réunis au IVe siècle
de notre ère en un ensemble, l'Avesta, mettent avant tout en
scène un dieu souverain, unique dans les tout premiers écrits, Ahura
Mazdâ. Mais à ce dieu sont joints des entités mal définies, les six
Amecha Spenta, parfois appelés les «archanges, dans le mazdéisme. Dumézil
connaissait la religion perse depuis ses premiers travaux: l'une de
ces entités s'appelle Ameretãt, ce qui est l'équivalent de l'amrtâ
indienne, de l'ambrosiâ grecque sa thèse de 1924 contenait
un chapitre à son sujet 1. En 1945, il découvre que les noms,
les emplois et, plus tardivement, les éléments mis en rapport avec ces
six entités permettent de voir qu'elles se répartissent sur les trois
fonctions: Vohu Mahah, la «Bonne Pensée, correspond au versant Mitra
de la souveraineté, et Acha, l'«Ordre, à Varuna, car le mot est identique
au vieil indien Rta, ordre cosmique dont Varuna est le garant; Xchathra,
la «Puissance, est l'équivalent du kçatriya, le «guerrier
indien; Armaiti, la «Pensée Pieuse, qui est la Terre, et la Mère des
Iraniens; Haurvatãt, l'«Intégrité, et Ameretãt, la «Non-Mort.
Comme à Rome, la première fonction est exprimée en ses deux aspects
(Mitra-Varuna), et la troisième est représentée par une pluralité de
figures. 1. Voir fiche 3. | ||||
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