
La famille linguistique indo-européenne a été reconnue à partir du XVIIe siècle, lorsqu'on remarqua que certaines langues d'Europe et d'Asie présentaient des ressemblances dans le vocabulaire ainsi les noms de nombres, ou ceux de la parenté. Au début du XIXe siècle, Bopp et le Danois Rasmus Khristian Rask précisent les choses en étudiant systématiquement ces
langues. Ils s'aperçoivent alors que celles-ci à savoir le latin, le grec, les langues germaniques, celtiques, baltes, slaves,
iraniennes et indiennes présentent non seulement des ressemblances de vocabulaire dont le nombre croît
considérablement dès qu'on dispose de textes et de dictionnaires , mais surtout des ressemblances grammaticales, qui
peuvent encore moins que le vocabulaire s'expliquer par le hasard ou l'emprunt d'une langue à l'autre. L'explication indo-européenne du monde n'est qu'un des rêves de l'humanité, et elle n'est pas, quant à son contenu, un rêve
privilégié. Mais elle l'est, quant aux conditions de l'observation […] : dans aucun autre cas, on n'a l'occasion de suivre
parfois pendant des millénaires, les aventures d'une même idéologie dans huit ou dix ensembles humains qui l'ont conservée
après leur complète séparation. Le tableau que constituent ces créations quand on les rapproche témoigne avant tout
de la fertilité de l'esprit humain […]. | ||||
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