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Georges Dumézil / Premières années d'études et rencontre avec Michel Bréal
 

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Contrairement à la version imprimée de cet ouvrage, nous n’avons pu reproduire ici les caractères spéciaux concernant les mots indiens, iraniens et scandinaves
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Georges Dumézil est né à Paris le 4 mars 1898.

L'histoire de sa famille est un exemple remarquable de la «noria sociale» qu'offrit longtemps l'école. Son grand-père, petit artisan tonnelier en Gironde, permet tout de même à son fils, Jean Anatole Dumézil (1857-1929), d'avoir accès au lycée. Le garçon – futur général – y apprend les langues vivantes et le latin ; il se passionne pour la poésie latine, passion qu'il transmet à son fils Georges, l'un des deux enfants qu'il a de son épouse, née Marguerite Dutier (1860-1945).
Et ce fils sera l'un des plus grands savants français, le plus notable mythologue (avec Claude Lévi-Strauss) de sa génération, professeur à l'École pratique des hautes études, puis au Collège de France, et membre de l'Académie française.

Le petit Georges est un bon élève. Il apprend le latin et le grec. Dès l'âge de neuf ans, il est capable de lire l'Énéide – ce n'est pas le texte latin le plus facile ! Il fait également de l'allemand, et son père l'aide en lui faisant lire un livre sur la mythologie grecque du grand antiquisant Berthold Georg Niebuhr (1776-1831).

L'intérêt du jeune Dumézil pour la mythologie des peuples de l'Antiquité remonte donc à ses premières années d'études. Pourtant, ce qui va orienter définitivement la vie du futur savant se situe un peu plus tard, au lycée, lorsqu'un de ses condisciples le présente à son grand-père : Michel Bréal (1832-1915), l'un des maîtres de la linguistique française du XIXe siècle. Le fondateur de la grammaire comparée est un Allemand, Franz Bopp (1791-1867), auteur d'un monumental ouvrage traitant rigoureusement la comparaison de la grammaire et du vocabulaire des langues de la famille indo-européenne. Et c'est Bréal qui traduisit cet ouvrage en français, faisant précéder son édition (1866) de ce que Dumézil qualifiera plus tard de «lumineuse introduction». Il comprend l'intérêt du jeune homme qu'on lui présente pour les langues, lui offre son dictionnaire sanskrit-français, et lui conseille de s'adresser à son successeur, Antoine Meillet (1866-1936), le plus important linguiste français de la première moitié du XXe siècle. Dumézil n'est pas encore à l'université qu'il a déjà appris le sanskrit – et, de surcroît, l'arabe – et lu tous les ouvrages écrits jusqu'alors par Meillet.