Paradoxalement, c'est le chant de la pensée élégiaque célébrant l'ouvert de la vie et l'intime combat avec la langue de l'indicible, qui fait le passage vers la prose d'Assia Djebar. Car c'est le portrait en vérité d'une écriture par le cœur qui se dessine dans ses textes. Tout lecteur de l'œuvre comprend bientôt qu'il n'y a pour elle d'existence plénière que dans les rythmes cardiaques, au corps à cœur de la phase qui jette ses plus hauts cris – « cri ouvert », spasme, hololugué, tzarl-rit, vociférations –, dont le débord organise des architectures textuelles raffinées, des vacances, des variations, une fugue sans précédent.
Mireille Calle-Gruber, Écrivain, professeur de littérature française à l'université Paris-III Sorbonne nouvelle.
Sur l'œuvre d'Assia Djebar, elle a écrit l'essai Assia Djebar. Résistance de l'écriture (Maisonneuve & Larose, 2001), réuni un volume collectif, Assia Djebar, nomade entre les murs… (Maisonneuve & Larose, 2005 – colloque de la Maison des écrivains) et tourné un film d'entretiens réalisé par Pierre Samson.
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