
Résistance et refus LA GUERRE
Artilleur en 1940. D.R. L'épreuve de la guerre constitue, pour des Forêts comme pour ceux de sa génération, une expérience cruciale. Elle apparaît d'abord comme la réalisation possible d'une « protestation juvé-nile » : que le vieux monde soit régénéré, que cessent « l'engourdissement de l'esprit, toute la fainéantise d'un peuple sans foi ni sève vautré aux frontières de l'attente frileuse » (Ostinato, p.77). Ce « désir de vie tumultueuse » est doublement trompé. C'est l'enlisement de la Drôle de Guerre, le guet interminable. Les pages d'Ostinato font surgir, en quelques fragments, le même sentiment d'attente vide que Gracq décrit dans Un balcon en forêt. C'est l'horreur de la barbarie déchaînée sur notre siècle par les nazis. Contre elle, le choix de la résistance s'impose, vécu comme un grand jeu d'enfance, un compagnonnage de la peur. Un malade en forêt restitue ce mélange de sérieux et d'irréalité, la vie clandestine du camp secret si étrangement voisine du monde réel et dangereux. La fraternité de l'action suspend, un temps, l'angoisse, la pensée douloureuse de ceux qui sont tombés aux mains de l'ennemi. Mais l'allégresse collective de la Libération sombre vite dans le retour des ambitions hypocrites et des surenchères partisanes. Le désenchantement est amer. L'illusion est morte, même si elle ne condamne pas à l'inaction politique. Ostinato, p. 79 | ||||
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